BEYROUTH — Malgré des violations mineures, le cessez-le-feu entré en vigueur à minuit en Syrie semblait être généralement respecté vendredi, dans ce conflit qui dure depuis plus de cinq ans.

L’Observatoire syrien des droits de l’Homme a signalé que quelques affrontements avaient éclaté tôt vendredi matin entre l’armée syrienne et des rebelles dans la province centrale d’Hama et près de la capitale, Damas. L’Observatoire a par la suite indiqué qu’un homme avait été tué par un tireur embusqué dans la banlieue est de Damas.

L’organisation, basée au Royaume-Uni, mentionne également qu’une frappe aérienne est survenue dans la région de la vallée de Barda, détenue par les rebelles. L’armée syrienne a nié cette information, accusant l’opposition de désinformation visant à démontrer que le gouvernement ne respecte pas la trêve.

L’agence de nouvelles de l’État turc, Anadolu, citant des sources militaires, a indiqué que l’aviation russe avait mené trois frappes aériennes contre des positions de Daech près d’Al-Bab, dans le nord de la Syrie, où les forces turques et les rebelles syriens combattaient les extrémistes. Ces frappes démontrent que lorsque les combats cessent ailleurs en Syrie, les Turcs et les Russes peuvent collaborer pour lutter contre Daech (groupe armé État islamique).

Plusieurs accords de cessez-le-feu ont déjà échoué dans ce pays. La trêve actuelle, comme les précédentes, ne s’applique pas aux factions rebelles liées à Al-Qaïda ou à Daech.

Le président russe, Vladimir Poutine, avait précisé jeudi, en annonçant l’accord, que la trêve serait supervisée aussi bien par Moscou que par la Turquie. L’accord a aussi été accueilli favorablement par l’Iran qui, avec la Russie, soutient le président syrien, Bachar el-Assad. La Turquie, quant à elle, appuie les rebelles.

Ankara avait déployé en août dernier des soldats et des chars dans le nord de la Syrie afin d’aider les troupes de l’opposition au président Assad à chasser les extrémistes de cette zone frontalière de la Turquie — mais aussi pour prendre de court les Kurdes de Syrie, appuyés par les Américains, qui combattent eux aussi les djihadistes.

Négociations de paix

Si la trêve devait tenir cette fois-ci, elle ouvrirait la voie à des négociations de paix, le mois prochain au Kazakhstan, a promis le président Poutine.

Selon Moscou, l’accord de cessez-le-feu a été signé par sept des principales factions rebelles de Syrie, même si l’une d’entre elles a nié cette information et que les autres ne l’ont pas confirmée.

Un responsable des Nations unies a espéré que cette trêve pourra permettre d’acheminer de l’aide humanitaire à 15 zones assiégées, où vivent quelque 700 000 Syriens.

La Russie espère maintenant que le Conseil de sécurité des Nations unies approuvera rapidement l’accord de cessez-le-feu. L’ambassadeur russe à l’ONU, Vitaly Churkin, a indiqué vendredi que la Russie et la Turquie avaient transmis jeudi soir aux membres du Conseil le texte de l’accord et une ébauche de résolution, qui devait être présentée à huis clos vendredi à New York. Le Conseil de sécurité pourrait l’adopter lors d’une réunion samedi.

Selon l’ambassadeur Churkin, il est important que l’ONU soit partie prenante «de cet important processus».

Les États-Unis ont par ailleurs été écartés de cet accord, tout comme celui d’Alep, plus tôt ce mois-ci, ce qui illustre l’état des relations entre Moscou et Washington. Le président Assad a dit faire preuve d’un «optimisme prudent» face à la nouvelle administration du président désigné Donald Trump, qui a proposé une meilleure coopération avec Moscou dans la lutte contre les groupes extrémistes.

Interrogé sur l’éventuelle participation de Washington dans les négociations de paix, le premier ministre turc, Binali Yildirim, a simplement répondu que le processus sera «ouvert à tous».

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