BEYROUTH — Des centaines de civils fuyaient les montagnes entourant la capitale syrienne, dimanche, alors que les forces gouvernementales poursuivaient leur offensive contre des insurgés, dont un groupe lié à Al-Qaïda qui n’est pas partie de la trêve en vigueur depuis vendredi dans tout le pays.

Selon l’armée syrienne, quelque 1300 personnes ont quitté la vallée du Barada depuis samedi. La région est la cible de frappes aériennes et de bombardements malgré la trêve conclue par la Russie et la Turquie, qui semblait tenir dimanche en dépit de combats isolés.

La trêve est entrée en vigueur dans la nuit de vendredi et si elle devait tenir, les pourparlers de paix pourraient s’amorcer plus tard en janvier entre le gouvernement et l’opposition, au Kazakhstan. La Russie, puissant allié du président syrien, Bachar el-Assad, et la Turquie, qui soutient l’opposition, se sont portés garants de la trêve, qui exclut cependant les groupes djihadistes liés à Al-Qaïda et à Daech (groupe armé État islamique).

Le Conseil de sécurité des Nations unies a adopté à l’unanimité, samedi, une résolution en appui aux efforts déployés par la Russie et la Turquie pour mettre un terme à ce conflit qui dure depuis près de six ans.

L’état-major militaire syrien a indiqué dimanche que les déplacés de la vallée du Barada ont été réinstallés dans des zones plus sûres et sont enregistrés auprès du Croissant-Rouge syrien.

Rami Abdurrahman, de l’Observatoire syrien des droits de l’Homme, n’a pu confirmer combien de civils avaient été déplacés par les combats. Il a par ailleurs confirmé que la trêve ne touche pas la région de la vallée du Barada parce qu’elle est contrôlée par le groupe djihadiste Front Fatah al-Cham (anciennement le «Front al-Nosra»).

Au centre médical de la vallée du Barada, on indiquait dimanche que des militants du Hezbollah libanais, qui appuient les forces gouvernementales, tiraient sur les villages et les villes de cette région riche en eau, alors que les avions russes et syriens menaient samedi des frappes aériennes pour une dixième journée consécutive.

La vallée du Barada est la principale source d’eau potable pour toute la région de la capitale, qui vit une pénurie d’eau depuis le 22 décembre. Des images fournies par le centre médical montrent que l’usine de traitement des eaux a été détruite par les frappes aériennes. Le gouvernement syrien soutient que les rebelles ont contaminé l’eau avec du carburant diesel.

Par ailleurs, l’Observatoire, établi en Grande-Bretagne, et l’hôpital d’Alep ont signalé des frappes gouvernementales sur des villages tenus par les rebelles au nord d’Alep, qui est passé récemment sous le contrôle entier de Damas.

L’agence de nouvelles d’État SANA a par ailleurs annoncé que deux attentats-suicides avaient fait deux morts à Tartous, dimanche un peu après minuit, alors que les résidants de cette ville côtière célébraient le Nouvel An.

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