Edmar Barros Edmar Barros / The Associated Press

RIO DE JANEIRO — Au moins 56 détenus ont perdu la vie dans une prison de l’État d’Amazonas, dans le nord du Brésil, lors de la pire émeute à se produire dans un établissement carcéral de ce pays depuis 1992.

Plusieurs prisonniers ont été décapités ou démembrés, et des gardes ont été pris en otages.

Les autorités d’Amazonas avaient indiqué, plus tôt lundi, que 60 personnes étaient mortes, mais le bureau du secrétariat de la sécurité publique de l’État a revu ce bilan à la baisse en après-midi, rapportant plutôt 56 victimes.

Le ministre de la Sécurité publique de l’État, Sergio Fontes, a affirmé que des détenus du pénitencier d’Anisio Jobim avaient profité des violences pour s’évader, mais n’a toutefois pas indiqué combien ils étaient. Il a précisé que 40 d’entre eux avaient été retrouvés.

Les troubles ont éclaté dimanche après-midi au pénitencier, mais le calme avait été rétabli lundi matin.

La prison comptait 1224 détenus, bien qu’elle ait été conçue pour en héberger 592, a rapporté M. Fontes. L’établissement est géré par une entreprise privée qui est payée en fonction du nombre de prisonniers.

Douze gardiens de prison ont été pris en otages, mais aucun n’a été blessé.

Guerre de narcotrafiquants

«C’est le pire massacre de l’histoire de notre État, a dit M. Fontes lors d’une conférence de presse. Ce qui s’est produit est un autre chapitre de la guerre que se livrent les narcotrafiquants dans ce pays et démontre que le problème ne peut être contenu seulement par les gouvernements des États.»

Des incidents similaires s’étaient produits ailleurs au Brésil en octobre. Deux des plus importantes organisations criminelles du pays se disputent le contrôle de plusieurs prisons depuis l’an dernier. La plus récente émeute serait liée à cette guerre de pouvoir.

M. Fontes a révélé que les détenus n’avaient formulé que quelques demandes avant de regagner leurs cellules, ce qui permet de croire que l’émeute a été orchestrée par les membres d’un groupe afin d’éliminer leurs rivaux.

Des gardes ont trouvé dans un mur un trou par lequel des armes auraient été introduites dans la prison.

Le juge Carlos Valois, qui a négocié la fin de la crise, a raconté avoir vu plusieurs corps dépecés. Il a ajouté n’avoir jamais rien vu de tel pendant sa vie. Il a expliqué que les détenus avaient simplement demandé de ne pas être transférés, de ne pas être attaqués et de ne pas perdre leur droit de recevoir des visiteurs.

La crise a pris fin quand les prisonniers ont libéré les 12 derniers employés qu’ils détenaient toujours.

Deux autres prisons de Manaus, la capitale d’Amazonas, ont rapporté avoir été le théâtre d’émeutes, lundi. Dans l’une d’elles, 87 prisonniers ont pris la poudre d’escampette tôt le matin. L’un d’entre eux a mis une photo sur Facebook au moment de son évasion.

La police de l’État d’Amazonas enquête afin de déterminer s’il existe un lien entre les trois événements.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus