PARIS — Le procès pour corruption du fils du président de la Guinée équatoriale s’est ouvert lundi en France.

Teodoro Nguema Obiang Mangue est jugé par contumace. Il est soupçonné d’avoir utilisé des fonds publics pour acheter des propriétés, des voitures de sport et d’autres biens de luxe en France. Il est passible de dix ans de prison s’il est reconnu coupable de corruption, de blanchiment d’argent et de détournement de fonds.

On ne sait pas si M. Obiang, qui est également le deuxième vice-président de son pays, se trouve toujours en France ou s’il est reparti pour la Guinée équatoriale. Son avocat, Emmanuel Marsigny, a demandé un délai des procédures, en faisant valoir que son client n’avait pas eu suffisamment de temps pour se préparer.

M. Marsigny a déclaré que deux mois sont insuffisants pour préparer une défense lorsque les accusations couvrent une période de 14 ans et qu’il faut organiser le témoignage d’individus qui vivent à l’étranger.

L’avocat du groupe anticorruption Transparency International, William Bourdon, a demandé au tribunal de commencer le procès. Il a accusé les avocats de M. Obiang de chercher à «paralyser» le processus avec leurs manoeuvres «malignes».

La Guinée équatoriale prétend que M. Obiang est protégé par l’immunité diplomatique, mais le plus haut tribunal des Nations unies, la Cour internationale de justice, a refusé le mois dernier d’ordonner à la France de suspendre la poursuite.

Le procès de M. Obiang survient après que deux organisations non gouvernementales qui luttent contre la corruption et une association de Congolais vivant à l’étranger aient déposé une poursuite en France il y a près de dix ans.

M. Obiang est accusé d’avoir utilisé des millions d’euros en fonds publics pour acheter un manoir à Paris en plus de 15 voitures ayant une valeur totale de 5,7 millions d’euros. Il aurait aussi dépensé près de 20 millions d’euros lors d’un encan d’oeuvres d’art.

Son père, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo, est le président africain en poste depuis le plus longtemps. La Guinée équatoriale dispose de riches ressources d’hydrocarbures, mais la majorité de la population vit toujours dans la pauvreté.

M. Obiang fait également l’objet d’une enquête préliminaire en Suisse.

Aussi dans Monde :

blog comments powered by Disqus