Majdi Mohammed Majdi Mohammed / The Associated Press

TEL AVIV, Israël — Un soldat israélien a été reconnu coupable mercredi de l’homicide d’un assaillant palestinien déjà gravement blessé, mettant fin à une saga judiciaire qui divise le pays depuis neuf mois.

Il est excessivement rare de voir un tribunal militaire israélien condamner un soldat pour un geste létal posé sur le terrain, et le verdict pourrait diviser le pays encore plus profondément. Les commandants de l’armée ont condamné le geste du soldat, pendant que le public et des politiciens de la coalition au pouvoir se ralliaient à sa cause.

La sentence du sergent Elor Azaria ne sera annoncée que dans une dizaine de jours, et le débat portera d’ici là sur la clémence dont il pourrait profiter. Quelques minutes seulement après l’annonce de la décision, le premier ministre Benjamin Nétanyahou et plusieurs politiciens de premier plan demandaient déjà au président israélien, dont le poste est essentiellement cérémonial, de le gracier.

Le sergent Azaria, un infirmier de l’armée, a été filmé en mars abattant un militant palestinien qui venait de poignarder un autre soldat à Hébron, en Cisjordanie. Le Palestinien, Abdel Fattah al-Sharif, gisait au sol et avait été désarmé quand le sergent Azaria l’a achevé d’une balle dans la tête.

La présidente du comité de trois juges, la colonelle Maya Heller, a qualifié le témoignage du sergent Azaria de «peu fiable» et déclaré qu’il n’était pas nécessaire pour lui d’abattre M. Al-Sharif. Elle a rappelé que le sergent Azaria s’est contredit en déclarant que le Palestinien était déjà mort quand il l’a abattu et qu’il représentait encore une menace.

Le sergent Azaria est passible d’une peine de 20 ans de prison, mais sa sentence sera vraisemblablement beaucoup plus légère. Ses avocats ont l’intention de porter sa condamnation en appel.

Le président Reuven Rivlin a indiqué qu’il attendra la fin des procédures judiciaires avant de prendre une décision.

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