PORT-AU-PRINCE, Haïti — Un ancien dirigeant rebelle haïtien recherché aux États-Unis pour des accusations liées à la drogue, et qui vient d’être élu au Sénat d’Haïti, a été arrêté jeudi, alors qu’il participait à une émission de radio.

Guy Philippe était interviewé en direct avec un autre élu lorsque l’animateur a annoncé subitement que la police était à l’extérieur du studio de Pétionville, en banlieue de Port-au-Prince, pour l’arrêter. L’animateur est revenu en ondes et a dit que les autorités l’avaient emmené avec eux.

L’animateur Gary-Pierre Paul Charles a plus tard confié à l’Associated Press que les policiers étaient membres de l’unité antidrogue en Haïti et qu’ils avaient tiré avec leurs fusils dans les airs pour disperser la foule qui s’était rassemblée à l’extérieur.

Selon M. Paul Charles, «tout le monde courait partout».

L’agence américaine de lutte contre le trafic de drogues (DEA), qui avait failli attraper Guy Philippe lors d’une descente en 2007, n’a pas voulu commenter son arrestation.

L’avocat de M. Philippe, Reynold Georges, a dit en entrevue avec la radio Vision 2000, jeudi soir, que l’ancien rebelle avait été transporté à l’aéroport. Il a encouragé les sénateurs à s’y rendre pour empêcher l’extradition de son client.

La présence policière était imposante au poste de police où aurait été transporté l’ex-rebelle. Les policiers présents n’ont pas voulu parler aux journalistes réunis à l’extérieur.

Une photo qui circule sur les médias sociaux en Haïti semble montrer M. Philippe, vêtu d’une chemise blanche, en train d’être escorté par les policiers à l’extérieur du studio. Une autre image le montre apparemment menotté dans une salle pendant que des policiers le surveillent avec des fusils d’assaut.

L’avocat de Miami Richard Dansoh, qui a travaillé avec M. Philippe par le passé, a indiqué qu’il s’attendait à ce que l’ancien dirigeant rebelle soit transporté vers la Floride, par crainte de la réaction des Haïtiens.

«Ils ne veulent pas le garder en Haïti parce qu’il pourrait y avoir des émeutes», a-t-il expliqué.

Dans la ville de Jérémie, dans le sud du pays, quelque 200 manifestants ont envahi les rues pour demander la libération de Guy Philippe, menaçant d’allumer des incendies s’il restait détenu.

Guy Philippe, qui a une femme et deux enfants aux États-Unis, a récemment gagné son élection au Sénat haïtien, mais il n’a pas encore été assermenté.

Figure controversée en Haïti, M. Philippe avait dirigé la rébellion qui avait mené au renversement de l’ex-président Jean-Bertrand Aristide, en 2004.

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