Michael Dantas Michael Dantas / The Associated Press

RIO DE JANEIRO — Trente-trois détenus ont été massacrés vendredi dans une prison du nord du Brésil, après que 60 autres prisonniers aient été tués dans deux prisons d’un État voisin plus tôt cette semaine.

Certaines victimes ont été littéralement éviscérées lors de la tuerie orchestrée par le plus grand groupe criminel du Brésil.

Les responsables craignent maintenant que la violence ne se propage non seulement à d’autres prisons, mais aussi aux grandes villes du pays et aux bidonvilles où les opérations de trafic de drogue sont souvent basées.

Les plus récentes pertes de vie sont survenues à la prison de Monte Cristo, dans l’État du Roraima. Le ministre de la Sécurité publique du Roraima, Uziel Castro, a évoqué une «crise nationale».

Il a dit que le massacre a commencé vers 2 h 30 vendredi dans la ville de Boa Vista, sous la direction de First Command, la plus importante organisation criminelle du pays.

M. Castro a révélé que, pour des raisons qui demeurent obscures, les membres de First Command ont attaqué d’autres détenus, mais pas ceux d’une bande rivale.

«Ce n’était pas un affrontement, c’était un massacre, a-t-il dit. C’était une scène barbare. Des détenus ont été décapités, d’autres ont eu le coeur ou les intestins arrachés.»

Aucune arme a feu n’a été utilisée et aucun des 1500 prisonniers ne s’est évadé, a dit M. Castro.

On ne sait pas s’il existe un lien entre ce massacre et les émeutes sanglantes qui ont éclaté plus tôt cette semaine dans deux prisons de l’État voisin d’Amazonas. La police attribue ces violences à la rivalité entre First Command et Family of the North, deux groupes qui se disputent le contrôle du trafic de la drogue dans le nord du Brésil, qui est limitrophe de la Colombie, du Venezuela, du Pérou et de la Guyane.

La police indique que des agents ont été déployés à la prison de Monte Cristo, dont les membres lourdement armés d’une escouade antiémeute.

Le ministre fédéral de la Justice, Alexandre de Moraes, a nié que la situation soit «hors de contrôle». Il a quand même annoncé une présence accrue de policiers fédéraux dans la capitale des États ainsi que des mesures pour soulager la surpopulation des prisons en accélérant le traitement des dossiers.

Seulement 65 des 184 prisonniers qui ont profité des affrontements à la prison de l’Amazonas pour s’évader ont jusqu’à présent été repris.

En octobre, 18 détenus avaient perdu la vie lors d’une émeute à la prison de Monte Cristo. M. Castro avait ensuite demandé l’aide du gouvernement fédéral, sans obtenir de réponse.

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