The Associated Press Mario Soares

LISBONNE, Portugal — Un ancien premier ministre et président du Portugal, Mario Soares, qui avait aidé son pays à prendre le chemin de la démocratie à la suite du coup d’État militaire de 1974 ayant renversé le régime salazariste, est mort samedi à l’âge de 92 ans.

L’ancien chef d’État est mort samedi après-midi à l’hôpital de la Croix-Rouge alors que son fils et sa fille étaient à son chevet, a indiqué l’établissement de santé par voie de communiqué. La cause de son décès n’a pas été précisée, mais M. Soares était toutefois hospitalisé depuis le 13 décembre.

Le Parti socialiste du Portugal, qui était autrefois dirigé par M. Soares, a également confirmé la nouvelle.

Mario Soares, un socialiste modéré, était revenu d’un exil politique de 12 ans après que la Révolution des oeillets eut renversé quatre décennies de dictature.

Il avait, à titre d’avocat, milité pacifiquement contre le gouvernement, qui l’avait banni du territoire.

Il a ensuite été élu premier ministre en 1976, devenant le premier dirigeant élu au lendemain de la révolution de 1974. Il a déjoué les efforts du Parti communiste, qui tentait de placer le Portugal sous l’influence de l’Union soviétique.

M. Soares a contribué à faire cheminer son pays dans sa transition démocratique et l’a emmené à joindre l’Union européenne.

Sa stature en tant qu’important chef d’État sur le plan international s’est surtout façonnée autour de son travail au sein du mouvement socialiste à échelle internationale. En tant que vice-président du Portugal, il a également mené des missions diplomatiques visant à résoudre des conflits au Moyen-Orient, en Amérique centrale et en Amérique du Sud.

M. Soares était d’ailleurs dans la Bande de Gaza pour rencontrer le leader de l’autorité palestinienne, Yasser Arafat, quand l’ex-premier ministre israélien Yitzhak Rabin a été assassiné à Tel-Aviv, en 1995.

En 1986, M. Soares est devenu le premier civil à devenir président au Portugal en 60 ans. Il a effectué deux mandats de cinq ans.

Il appartenait à un réseau d’influents politiciens socialistes aux côtés de son proche ami, le Français François Mitterrand, l’Allemand Willy Brandt, le Suédois Olof Palme et l’Espagnol Felipe Gonzalez.

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