AP Les policiers israéliens mènent toujours l'enquête sur les lieux de la tragédie.

JÉRUSALEM — Un Palestinien au volant d’un camion a foncé sur un groupe de soldats israéliens, dimanche, à Jérusalem, tuant quatre personnes et en blessant 17 autres, ont indiqué la police israélienne et les services de secours.

Des images de caméras de sécurité diffusées sur une chaîne israélienne montrent le camion bifurquant à grande vitesse hors de la route et dans un groupe de soldats rassemblés près d’un autocar dans le quartier de Armon Hanatziv. Les soldats se trouvent éloignés de la route.

Après avoir foncé dans le groupe, le chauffeur met son véhicule en marche arrière, tentant apparemment d’écraser d’autres gens, avant d’être tué par balle.

Un instructeur qui escortait les soldats a affirmé aux médias israéliens qu’il avait tué par balle le chauffeur pour éviter qu’il ne fasse d’autres victimes. D’autres soldats ont aussi ouvert le feu, a-t-il dit.

On ignorait qui avait fourni ces images.

«Cette marche arrière ne faisait aucun sens, a par ailleurs affirmé à des journalistes Leah Schreiber, témoin du drame. Il a reculé pour écraser plus de personnes. C’était vraiment clair.»

Le chef de la police israélienne Roni Alsheich a indiqué que l’assaillant était résidant d’un quartier arabe de Jérusalem-Est, et que rien n’avait alerté les forces israéliennes. Il n’a pas donné plus de détails.

Le service de secours israélien MDA a affirmé que trois femmes et un homme, tous dans la vingtaine, avaient été tués. Parmi les 17 blessés, un se trouvait dans un état grave.

Une seule autre frappe avait fait autant de morts depuis plus d’un an d’attaques au véhicule, à l’arme blanche et à l’arme à feu par des Palestiniens, une vague de violences qui avait ralenti ces derniers temps. En juin 2016, deux hommes armés avaient tué quatre personnes dans un lieu touristique important de Tel-Aviv.

Depuis septembre 2015, des assaillants palestiniens ont tué 40 Israéliens et deux Américains en visite. Durant cette période, 230 Palestiniens sont morts sous les balles des forces israéliennes.

Le mouvement palestinien du Hamas, qui gouverne sur le territoire de la bande de Gaza et est responsable de la mort de centaines d’Israéliens sur plusieurs années, a salué l’attaque au camion — un porte-parole a parlé d’un geste «héroïque» —, sans aller jusqu’à la revendiquer.

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a déclaré que l’assaillant palestinien était un sympathisant de Daech (groupe armé État islamique).

Prenant la parole sur les lieux du drame, M. Nétanyahou a affirmé que l’auteur de l’attaque avait été identifié, et que «selon tous les indices, il était un sympathisant» de Daech. Le premier ministre a soutenu qu’il pourrait «certainement y avoir un lien» avec les récentes attaques en France et en Allemagne.

L’assaillant, identifié comme étant Fadi Qanbar, un homme âgé de 28 ans, était originaire du quartier palestinien de Jabel Mukaber dans Jérusalem-Est — à proximité du site de l’attaque.

Des parents et voisins ont affirmé que Fadi Qanbar, un père de quatre enfants, avait embrassé le salafisme, une version ultraconservatrice de l’islam, et qu’il n’avait pas de lien connu avec des groupes militants. Le salafisme est divisé en des souches pacifique et violente, cette dernière propageant des idées similaires à celles véhiculées par Daech.

L’attaque est survenue dans un emplacement populaire de ce quartier de Jérusalem offrant une vue panoramique de la ville.

Les tensions sont avivées à Jérusalem, alors que des Palestiniens ont prévenu qu’il y aurait des conséquences graves si le président désigné américain Donald Trump devait respecter sa promesse de déménager l’ambassade américaine dans la ville. Les États-Unis, comme d’autres pays, conservent leur ambassade à Tel-Aviv, disant que l’avenir de Jérusalem doit être déterminé par des négociations entre Israël et les Palestiniens.

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