Peter Morrison Peter Morrison / The Associated Press

DUBLIN — Le gouvernement de partage du pouvoir en Irlande du Nord a été plongé dans une crise, lundi, alors que le principal leader catholique a démissionné dans un affrontement contre son homologue protestante, une décision qui pourrait déclencher des élections anticipées et ébranler les fondements de l’accord de paix dans la région.

Le vice-premier ministre Martin McGuinness, ancien commandant de l’Armée républicaine irlandaise (IRA) qui a contribué au gouvernement d’unité nationale depuis près de dix ans, a affirmé que sa démission représentait le seul moyen efficace de défier sa partenaire de partage du pouvoir, la première ministre Arlene Foster. Celle-ci devra abandonner ses fonctions, à tout le moins temporairement, si des élections sont déclenchées.

Dans une copie de sa lettre de démission obtenue par l’Associated Press, M. McGuinness accuse Mme Foster d’ignorer l’opinion publique qui est, selon lui, «indignée avec raison du gaspillage de fonds publics et des allégations de mauvaise conduite et de corruption».

Le gouvernement, formé en vertu des termes de l’«accord du Vendredi saint» en Irlande du Nord en 1998, doit compter sur le soutien du parti nationaliste irlandais de M. McGuinness, le Sinn Fein, et des Unionistes démocratiques de Mme Foster, qui représentent la majorité protestante britannique.

Leur partenariat improbable a permis un calme relatif sur la scène politique à la suite d’une quarantaine d’années d’un bain de sang ayant fait 3700 morts.

Mais les tensions entre le Sinn Fein et les Unionistes démocratiques ont été près de l’explosion à plusieurs reprises. Et dans l’ombre, des groupes dissidents de l’IRA opposés au désarmement et à la renonciation aux violences en 2005 cherchent encore à semer la division et le chaos.

Ces derniers mois, M. McGuinness a appelé à répétition Mme Foster à se retirer, tandis que des élus enquêtent sur sa mauvaise gestion alléguée du programme gouvernemental d’«énergie verte». Ces membres de l’assemblée législative estiment que le programme pourrait coûter aux contribuables plus de 500 millions de livres (soit environ 800 millions $ CAN) en subventions inefficaces.

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