JOHANNESBOURG, Afrique du Sud — La République centrafricaine souffre d’un manque de justice si criant que certaines victimes doivent côtoyer leurs agresseurs quotidiennement, a dénoncé mercredi Amnistie internationale, tout en demandant à la communauté internationale de lutter contre «l’impunité d’une ampleur stupéfiante» qui prévaut au pays.

Un rapport dévoilé par l’organisation londonienne affirme que des années de violences entre chrétiens et musulmans ont dévasté un pays déjà grandement appauvri. Des centaines de prisonniers se sont évadés et plusieurs individus accusés des pires crimes n’ont jamais été inquiétés par la justice. Seulement huit des 35 prisons du pays sont fonctionnelles, et les tribunaux sont rares à l’extérieur de la capitale, Bangui.

Des milliers de victimes de viols ou de crimes de guerre «attendent toujours qu’on leur fasse justice», a dit une porte-parole d’Amnistie, Ilaria Allegrozzi.

On ne retrouve parmi les 384 personnes arrêtées par des Casques bleus ou les forces centrafricaines entre septembre 2014 et octobre 2015 qu’une «poignée d’individus bien connus et soupçonnés d’avoir commis les pires crimes», prévient le rapport.

Amnistie demande à la communauté internationale d’aider à reconstruire le système judiciaire du pays et de mettre sur pied un tribunal spécial. Une conférence des donateurs qui a eu lieu en novembre, à Bruxelles, a été informée que ces deux objectifs coûteront 105 millions $ US sur cinq ans.

La violence se poursuit en République centrafricaine, qui est le théâtre d’affrontements sectaires depuis 2013. Des élections démocratiques ont eu lieu l’an dernier, mais plusieurs secteurs du pays échappent toujours au contrôle du gouvernement.

Le rapport d’Amnistie est tiré d’entrevues avec des dizaines de personnes.

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