VATICAN — L’ancien ordre catholique séculaire des Chevaliers de Malte est déchiré par une querelle intestine qui éclabousse le pape François.

Le ministre des Affaires étrangères des Chevaliers, Albrecht von Boeselager, a été chassé de son poste le 8 décembre, après avoir refusé de démissionner quand on a appris que l’ordre, sous sa supervision, avait distribué des dizaines de milliers de condoms au Myanmar, alors que la doctrine catholique s’oppose à toute forme de contraception artificielle.

Dans un communiqué publié jeudi, M. Von Boeselager annonce qu’il a fait appel auprès du tribunal interne des Chevaliers de Malte, dont le véritable nom est «L’ordre souverain militaire hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte». Il affirme qu’«aucune condition» encadrant la suspension d’un membre ne s’applique dans son cas, et qu’à toute échéance, celle utilisée pour l’évincer n’est pas valide.

Le pape François a créé une commission pour enquêter sur ce qui a été qualifié de «crise sans précédent» au sein de l’ordre par le deuxième dirigeant en importance du Vatican.

Le leadership des Chevaliers refuse toutefois de collaborer avec l’enquête du pape, en évoquant leur statut d’entité souveraine en vertu du droit international.

L’affaire retient également l’attention en raison de l’implication du cardinal Raymond Burke — un des principaux détracteurs du pape et un partisan de la ligne dure en matière d’éthique sexuelle qui est aussi l’ambassadeur du Vatican auprès des Chevaliers.

M. Von Boeselager affirme avoir été informé, pendant une rencontre à laquelle assistait le cardinal Burke, que le pape souhaitait sa démission relativement à la distribution des condoms. Le secrétaire d’État du Vatican nie que cela soit le cas et affirme que le pape désire plutôt que le conflit soit réglé grâce au dialogue.

Les Chevaliers de Malte possèdent plusieurs des attributs d’un État souverain; ils émettent leurs propres timbres, passeports et plaques d’immatriculation, et entretiennent des relations diplomatiques avec 106 États, dont le Saint-Siège.

Au moment d’annoncer son enquête, le 22 décembre, le Vatican les a décrits comme un «ordre religieux séculaire» qui est au service «de la Foi et du Saint-Père».

L’histoire des Chevaliers a débuté au 11e siècle avec l’ouverture à Jérusalem d’une infirmerie qui soignait les pèlerins de toutes les fois. Ils comptent aujourd’hui 13 500 membres, en plus de 100 000 employés et bénévoles, qui offrent des soins de santé dans des hôpitaux à travers le monde.

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