BEYROUTH — La trêve en Syrie tient le coup «à quelques exceptions près», a indiqué jeudi l’émissaire des Nations unies dans ce pays, même si les militants de l’opposition témoignent d’une augmentation du nombre de frappes aériennes du gouvernement, dont une attaque qui a coûté la vie à six civils dans la province d’Alep, dans le nord du pays.

S’adressant aux journalistes à Genève, en Suisse, Staffan de Mistura s’est inquiété d’une éventuelle intensification des combats au nord-ouest de Damas qui ont déjà interrompu l’alimentation de la capitale en eau potable, ce qui pourrait faire dérailler les discussions de paix proposées entre le gouvernement et l’opposition plus tard ce mois-ci au Kazakhstan.

Ces pourparlers ont été négociés par la Russie et la Turquie, qui appuient des camps adverses dans la guerre civile syrienne, mais les rebelles n’ont toujours pas confirmé qu’ils seront présents le 23 janvier, en raison de l’offensive gouvernementale qui se poursuit dans la vallée du Barada, la principale source d’eau potable de la capitale.

L’ONU affirme que Damas est frappée par une pénurie d’eau qui touche 3,5 millions de personnes depuis le 22 décembre.

M. De Mistura a déclaré jeudi que cinq villages de Wadi Barada ont conclu un «accord» avec le gouvernement, mais pas deux autres, dont celui qui contrôle la source de l’eau, al-Fijeh. Il a évoqué un «danger imminent» d’une escalade militaire qui menacerait encore davantage l’approvisionnement en eau.

Il a ensuite déploré que le cessez-le-feu entré en vigueur le 30 décembre n’ait pas encore permis un meilleur accès humanitaire aux régions assiégées.

Les secouristes syriens, les Casques blancs, rapportent avoir tiré six victimes, dont trois enfants, des décombres dans le village de Babka, dans une région contrôlée par l’opposition à l’ouest de la ville d’Alep. On ne sait pas qui est responsable de la frappe. L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, déplore la mort de quatre enfants.

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