PORT-AU-PRINCE, Haïti — Bon nombre d’Haïtiens ont allumé des cierges et ont prié, jeudi, à la mémoire des parents et voisins morts dans le séisme catastrophique ayant frappé près de la capitale il y a sept ans.

La coiffeuse Nerlande Voltaire, la bible en main, a pris part à un service à l’église à Port-au-Prince pour rendre hommage à sa mère, morte dans un édifice réduit en ruines. Elle a rappelé que sa mère, Merisier, avait perdu la vie en tentant d’amener à l’écart d’un mur sur le point de s’effondrer l’enfant d’un étranger lorsque le séisme de magnitude 7 a frappé, le 12 janvier 2010. Mme Voltaire, toute vêtue de blanc, couleur associée au deuil en Haïti, a confié que ce jour de l’année «serait toujours très difficile pour elle».

Le gouvernement haïtien a déjà dit que plus de 300 000 personnes étaient mortes dans le séisme, mais le bilan précis demeure incertain étant donnée l’absence d’efforts systématiques pour compter les corps dans les jours ayant suivi l’événement catastrophique. Quelque 1,5 million de personnes ont été déplacées.

Sur le site d’une fosse commune au nord de la capitale, un monument officiel aux morts du séisme, le président intérimaire Jocelerme Privert a présidé une brève commémoration avec le dépôt d’une couronne de fleurs. Il a par la suite pris part à une autre cérémonie sur le terrain du Palais national, l’un des nombreux édifices endommagés par les violentes secousses.

Son gouvernement a annoncé que le 12 janvier serait une journée nationale de réflexion et de prise de conscience de la vulnérabilité d’Haïti en ce qui a trait aux désastres naturels et aux risques croissants.

Mais certains Haïtiens ont décrié cette prise de position, arguant que le gouvernement et ses partenaires internationaux se devaient d’agir davantage plutôt que de réfléchir dans la foulée d’une reconstruction fragmentaire.

«Ces gens aiment discuter, mais ils ne prennent pas leur responsabilité», a fait valoir l’étudiant en droit Puriste Chevalier dans une église catholique du centre-ville si bondée que des personnes sont demeurées massées dans les rues avoisinantes.

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