Sunday Alamba Sunday Alamba / The Associated Press

DAKAR, Sénégal — Une délégation dirigée par le président nigérian Muhammadu Buhari est arrivée en Gambie vendredi, dans l’espoir de convaincre le président Yahya Jammeh de renoncer au pouvoir pour permettre l’inauguration de son rival la semaine prochaine.

Les parlementaires nigérians ont autorisé le président Buhari, plus tôt cette semaine, à offrir l’asile à son homologue gambien si cela permet de dénouer l’impasse.

La Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (CÉDÉAO) a quand même mobilisé une force militaire qui pourrait intervenir si M. Jammeh tente de s’accrocher au pouvoir après la fin de son mandat, le 19 janvier.

L’Union africaine a quant à elle déclaré qu’elle ne reconnaîtra plus M. Jammeh comme le leader légitime du pays après cette date. La communauté internationale s’est rangée derrière le président désigné Adama Barrow.

Le communiqué prévient aussi M. Jammeh de «conséquences graves» si ses actions mènent au désordre politique ou à la «perte de vies innocentes». L’UA demande aux forces de sécurité gambiennes de faire preuve de la plus grande retenue d’ici à l’inauguration.

M. Jammeh a tout d’abord reconnu sa défaite, lors d’une allocution télévisée le 1er décembre, avant de changer d’idée et de déclarer que «seul Allah» peut lui refuser la victoire. Son parti conteste maintenant le résultat du scrutin devant la justice. La Cour suprême de Gambie, qui est à court de juges, a toutefois prévenu qu’elle ne pourra peut-être pas se pencher sur le dossier avant le mois de mai, et M. Jammeh est d’avis que le pays doit attendre sa décision.

M. Barrow a de nouveau proposé de dialoguer avec M. Jammeh, en affirmant sur les ondes de la BBC britannique qu’il est «très prêt à lui parler directement».

M. Jammeh a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 1994 et il est accusé de multiples violations des droits de la personne dans ce petit pays d’environ 1,9 million d’habitants, qui est presque entièrement encerclé par le Sénégal.

M. Jammeh pourrait toutefois se méfier d’une offre d’asile au Nigeria, puisque ce pays a éventuellement remis l’ancien homme fort libérien Charles Taylor à la justice internationale après l’avoir hébergé pendant plusieurs années.

Taylor purge maintenant une peine de 50 ans de prison au Royaume-Uni pour des crimes de guerre commis en Sierra Leone.

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