The Associated Press Eddie Johnson, le chef de la police de Chicago.

CHICAGO — Le service de police de la ville de Chicago viole les droits constitutionnels des résidants depuis des années, en tolérant le racisme envers les Noirs, en ayant recours à une force excessive et en abattant des gens qui ne présentent aucune menace, a dénoncé vendredi le département de la Justice des États-Unis au terme d’une enquête d’un an.

La directrice de la division des droits civiques du département, Vanita Gupta, a ajouté que les policiers ont mis la sécurité du public en danger, en plus de causer des blessures et des morts qui auraient pu être évitées.

Le document attribue ces problèmes à des «déficiences systémiques» au sein du service de police et de la ville. Il évoque également un manque de formation et l’impunité dont ont profité les mauvais policiers.

La procureure générale des États-Unis, Loretta Lynch, a dit que le rapport jette la base de la reconstruction «difficile et nécessaire» d’un service de police plus fort, plus sécuritaire et plus uni à Chicago.

Le département de la Justice a commencé à enquêter sur le troisième service de police en importance aux États-Unis en décembre 2015, après la diffusion d’une vidéo montrant un policier qui tire 16 balles en direction d’un jeune Noir armé d’un couteau, mais qui s’éloigne de lui. Ces images avaient donné lieu à des manifestations et chassé le chef de police de la ville.

Le service de police de Chicago et ses 12 000 policiers traînent depuis longtemps une réputation de brutalité, surtout à l’endroit des minorités.

La ville a été le théâtre de 762 meurtres en 2016, soit son pire bilan depuis 20 ans et un bilan encore plus lourd que ceux de New York et de Los Angeles mis ensemble.

Le maire de Chicago, Rahm Emanuel, a déclaré que les conclusions de l’enquête «donnent à réfléchir», et il s’est engagé à effectuer des changements qui vont au-delà des réformes déjà adoptées. Le gouvernement fédéral et des dirigeants municipaux ont signé un accord qui encadre ces changements, notamment en ce qui concerne la transparence, l’imputabilité et la formation des mauvais policiers.

Chicago a dépensé plus de 500 millions $ US pour régler des poursuites d’inconduite policière depuis 2004, mais le rapport fédéral déplore que la police n’ait mené aucune enquête interne dans la moitié de ces dossiers. Le département de la Justice dénonce également les multiples obstacles qui empêchent de faire le ménage au sein de la police, comme «une culture du silence» solidement implantée.

Lorsqu’une enquête disciplinaire est ouverte, a dit Mme Gupta, elle se déroule à un rythme «glacial» et les sanctions imposées porteront souvent sur des comportements moins graves que ceux qui étaient reprochés à l’origine.

Le président du syndicat des policiers de Chicago a accusé le département de la Justice d’avoir bâclé son enquête afin de pouvoir présenter son rapport avant l’inauguration de Donald Trump, la semaine prochaine.

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