Al-Zikri/UNICEF Un jeune Yéménite pris en charge à Sa’ada, en octobre dernier

Souhaitant venir en aide à 48 millions d’enfants dans 48 pays, le Fonds des Nations unies pour l’enfance (UNICEF) lance mardi un appel pour recueillir 3,3 G$US (4,3G$) en 2017, son «plus important en 70 ans d’histoire».

Métro a rejoint à Genève, en Suisse, Manuel Fontaine, le directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF.

Plus du tiers de cet appel  concerne la crise syrienne…
Il y a plus de 2,2 millions d’enfants réfugiés, 3 millions de déplacés dans le pays, et 400 000 qui sont encore dans les zones assiégées. Ça reste le gros morceau, mais derrière, il y a l’Irak, le Nigeria…

Justement, remplissez-vous vos objectifs dans des régions du monde moins médiatisées?
C’est un réel problème. Pour le Nigeria, 38% des besoins qu’on avait exprimés l’année dernière ont été financés. Moins de 20% pour l’Afghanistan. On est obligés d’établir des priorités. Par exemple, on va faire le maximum en termes de vaccination et de traitement contre la malnutrition, mais on ne pourra pas travailler sur l’eau et la restauration des services scolaires.

On va se limiter géographiquement. Chaque crise est dramatique, mais un enfant en République centrafricaine, au Soudan du Sud ou au Yémen ne reçoit pas la même attention. Ce sont des crises qui sont considérées comme chroniques et qui n’attirent pas beaucoup l’attention. Au nord-est du Nigeria, on s’attend à ce que près de 500 000 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère dans le courant de l’année 2017. En Somalie, on s’attend à ce que la situation se dégrade au cours des mois qui viennent.

Selon l’UNICEF, 7,5 millions d’enfants seront exposés cette année au risque de malnutrition aiguë sévère dans la plupart des pays visés par l’appel de fonds. L’organisme parle de «menace silencieuse»…
Ces enfants risquent soit de mourir, soit d’avoir des handicaps très sévères. La malnutrition aiguë sévère n’est pas toujours due à un manque de nourriture. Ça peut être le signe d’un accès insuffisant à l’eau ou un problème d’eau de mauvaise qualité. Les enfants ont alors une diarrhée, donc ils se déshydratent… et ne se nourrissent pas. Ça devient un cercle vicieux. Ça peut être aussi des enfants souffrant de paludisme et incapables de s’alimenter.

Souvent, ces maladies sont le reflet d’un manque d’accès aux soins primaires et à l’eau. Si on manque de fonds, on va essayer de traiter directement les symptômes, faire en sorte que l’enfant récupère et que la malnutrition soit gérée, mais ça ne veut pas dire qu’on arrivera à régler les problèmes à la source, à travers les questions d’eau et d’assainissement.

Manuel Fontaine UNICEF

«On a comme espoir que des enfants grandissent et arrivent à donner un modèle plus positif que leurs aînés pour le développement de leur pays.» – Manuel Fontaine, directeur des programmes d’urgence de l’UNICEF

L’éducation représente 27% de votre rapport 2017 de l’Action humanitaire pour les enfants, soit la part la plus importante…
Cet argent ira aux infrastructures, au matériel et au personnel d’éducation. Il faut des classes qui puissent supporter le froid en hiver et la chaleur en été, dans lesquelles les enfants puissent apprendre. De plus, ces derniers sont passés par des épreuves extrêmement difficiles. Ils ont été sur les routes et ont vécu des situations de violence. La scolarisation doit se faire avec un accompagnement psychosocial.

Mais arrivez-vous à avoir des résultats, alors que les crises semblent incessantes?
Il faut toujours voir le côté positif. Notre aide humanitaire consiste évidemment à empêcher les enfants de mourir, de leur permettre de se développer, d’avoir des soins de base, mais aussi à créer une génération qui soit capable de reprendre en main sa destinée. Au Nigeria, des enfants qui ont 7, 8 ou 10 ans sont scolarisés pour la première fois.

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