The Associated Press Kim Jong Un et son frère Kim Jong Nam.

KUALA LUMPUR, Malaisie — Aucun membre de sa famille n’a encore réclamé le corps de Kim Jong-nam, qui gît toujours dans une morgue malaisienne plusieurs jours après l’assassinat présumé du demi-frère aîné du dictateur nord-coréen Kim Jong-un.

Kim Jong-nam aurait eu au moins deux fils et une fille avec deux femmes qui habitent Pékin et Macao, mais aucun proche ne s’est encore manifesté pour réclamer sa dépouille, qui est surveillée étroitement par des gardes.

Des diplomates nord-coréens en poste en Malaisie ont demandé à prendre possession du corps, en faisant valoir qu’il détenait un passeport du pays. Ces mêmes diplomates avaient tenté, sans succès, de faire obstruction à son autopsie.

Un officier de la police malaisienne a admis que la dépouille sera éventuellement remise à l’ambassade nord-coréenne, si personne d’autre ne la réclame. Pyongyang a déjà prévenu de son intention de rejeter «catégoriquement» les conclusions de l’autopsie.

Les enquêteurs tentent toujours de faire la lumière dans cette affaire et la Corée du Sud n’a pas encore précisé comment elle en vient à la conclusion que Kim Jong-nam a été éliminé par des assassins dépêchés par le Nord. La police malaisienne continue à interroger trois suspects qui ont été arrêtés au cours des derniers jours et attend les résultats de l’autopsie.

Kim Jong-nam est mort lundi, moins de deux heures après avoir demandé de l’aide et confié aux ambulanciers qu’il avait été vaporisé avec un produit chimique.

L’homme de 45 ou 46 ans vivait en exil depuis plusieurs années. Il n’avait aucun contact avec Kim Jong-un, qu’il n’avait apparemment même jamais rencontré.

Un journaliste japonais qui a écrit un livre sur Kim Jong-nam, Yoji Gomi, a expliqué que le fils aîné de Kim Jong-il critiquait la dynastie familiale et croyait à la démocratie.

«Je pense que c’était quelqu’un qui avait quelque chose d’important à dire et qui aurait peut-être pu être à l’origine de changements en Corée du Nord», a-t-il dit lors d’une conférence de presse vendredi à Tokyo.

Ses simples liens de sang avec la dynastie Kim auraient pu suffire à en faire une menace aux yeux de son demi-frère, dont la paranoïa est bien connue.

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