The Associated Press François Fillon a pris la parole lors d'un rassemblement près de la tour Eiffel.

PARIS — Le candidat de la droite à la présidentielle française Francois Fillon, aux prises avec des démêlés judiciaires sur des gestes allégués de corruption, a tenu un long discours devant ses partisans, dimanche, exprimant des regrets tout en se maintenant dans la course.

«Je voulais organiser ce rassemblement, car dans cette campagne présidentielle où je suis devenu la cible de tous, dans cette campagne où le dénigrement de ma personne sature l’information, on vous a oubliés, on a oublié ce que vous aviez sur le coeur, on a oublié pourquoi vous vous battiez, et à cet égard, même si toute cette charge contre moi est injuste, révoltante, instrumentalisée, je vous dois des excuses», a-t-il déclaré à la foule réunie près de la tour Eiffel.

«Je vous dois des excuses, dont celle de devoir défendre mon honneur et celui de mon épouse, alors que l’essentiel est pour vous comme pour moi, de défendre notre pays», a-t-il poursuivi.

Le rassemblement ayant réuni des dizaines de milliers de personnes visait à démontrer le soutien populaire à M. Fillon à la suite de la défection de plusieurs alliés conservateurs seulement sept semaines avant le premier tour de la présidentielle. Ceux-ci sont désillusionnés par la manière avec laquelle le candidat de la droite a géré les allégations sur les emplois présumés fictifs de sa femme Penelope et de deux de ses enfants.

M. Fillon a dit admettre certaines erreurs.

«J’ai commis la première erreur, je vous l’ai dit, en demandant à mon épouse de travailler pour moi parce qu’elle connaissait le terrain, parce que c’était commode, je n’aurais pas dû le faire. Et j’ai commis la seconde en hésitant sur la manière d’en parler, de vous en parler, d’en parler aux Français. Je ne vous demanderai pas de vous mettre à ma place, mais croyez-le, lorsqu’on est, ce que je crois être, profondément honnête, (…) il est difficile de faire face à une telle campagne», a-t-il affirmé.

M. Fillon a dit avoir fait son «examen de conscience», mais a aussi appelé sa famille politique de la droite et du centre à faire son «propre examen de conscience».

«Aux hommes et aux femmes politiques de mon camp, je dirai à présent ceci: « il vous revient maintenant de faire le vôtre, d’examen de conscience. Laisserez-vous les passions du moment l’emporter sur l’intérêt national. Laisserez-vous les intérêts de faction et de carrière et les arrières-pensées de tous ordres l’emporter sur la grandeur et la cohérence d’un projet adopté par plusieurs millions d’électeurs», a dit le candidat.

Plusieurs centaines de personnes ont manifesté à la place de la République contre la corruption dans la politique française.

M. Fillon a pris la parole à la télévision publique, dimanche soir, bien qu’il ait annulé une entrevue à la radio lundi matin.

M. Fillon a affirmé à France-2 que le rassemblement au Trocadéro démontrait que sa «légitimité reste très forte».

«Personne n’a le pouvoir de m’obliger à retirer ma candidature. Cela ne veut pas dire que je ne discute pas, que je n’écoute pas, que je ne suis pas capable de dialoguer», a-t-il ajouté.

Le parti de M. Fillon, Les Républicains, se réunit, lundi soir, pour évaluer la situation à la suite du rassemblement de dimanche.

Dans les derniers jours, plusieurs députés du parti Les Républicains ont déclaré qu’ils souhaitaient que l’ancien premier ministre Alain Juppé remplace François Fillon comme candidat, alors que le premier tour se tient le 23 avril.

Alain Juppé a déjà dit qu’il ne souhaitait pas prendre la place du candidat qui l’avait battu lors des primaires.

Quelques minutes après l’intervention de M. Fillon sur France-2, dimanche, M. Juppé a indiqué sur Twitter qu’il s’exprimerait devant la presse lundi avant-midi, depuis Bordeaux.

L’épouse du candidat Fillon a appelé son mari à demeurer dans la course, à l’occasion de sa première entrevue depuis l’éclatement du scandale en janvier. Selon l’hebdomadaire «Le Journal du Dimanche», Penelope Fillon a déclaré que «contrairement aux autres», elle ne l’abandonnerait pas.

M. Fillon avait tout d’abord annoncé qu’il se désisterait si des accusations étaient déposées, mais il a décidé plus tôt cette semaine de rester en poste même s’il est convoqué à comparaître devant un juge le 15 mars. Il nie avoir quoi que ce soit à se reprocher.

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