Peut-on exiger des femmes qu’elles portent des talons hauts ou du maquillage au travail? Le Parlement britannique a débattu lundi sur la question des demandes vestimentaires sexistes exigées aux femmes dans le cadre de leur emploi.

Bien que ces exigences soient illégales, selon le Equality Act 2010,  ce type de code vestimentaire perdure en Grande-Bretagne et la loi n’est pas suffisamment appliquée, avait souligné un rapport produit en janvier par la Chambre des communes.

La question avait émergé dans les médias en mai dernier, alors que Nicola Thorpe, une jeune femme âgée à ce moment de 27 ans, avait déclaré avoir été congédiée parce qu’elle portait des chaussures plates au travail. L’agence qui l’employait, Portico, et qui l’avait placée comme réceptionniste chez PricewaterhouseCoopers à Londres, exigeait de ses employées féminines qu’elles portent des talons d’une hauteur minimale de 2 pouces (5 cm). Mme Thorpe avait refusé de se plier à cette exigence.

Le code vestimentaire de Portico, tel que formulé avant mai 2016, requérait de plus que les employées portent du maquillage et le réappliquent de façon régulière (au minimum: un fard à joues léger, du rouge à lèvres ou du gloss teinté, du mascara, de l’ombre à paupières et du fond de teint ou de la poudre). Plusieurs autres exigences, au sujet des accessoires portés, des vêtements, des cheveux et des mains, faisaient aussi partie du code. Portico a modifié son code vestimentaire après mai 2016.

Après son congédiement, Mme Thorpe a initié une pétition au Parlement britannique pour obtenir du soutien afin de faire modifier les lois relatives aux codes vestimentaires. À la fermeture de la pétition en ligne, 152 420 personnes l’avaient signée.

C’est cette pétition qui a poussé la Chambre des communes à produire un rapport sur la question. Celui-ci est alimenté par les témoignages de centaines de femmes faisant état de situations vécues. Leurs récriminations vont de la douleur et des conséquences à long terme sur leur santé causées par le port de talons hauts pendant de longues heures, au fait que certaines devaient se teindre les cheveux en blond ou porter des vêtements révélateurs.

«Ce que nous avons trouvé nous a choqué, a déclaré lundi en chambre la députée travailliste Helen Jones. J’allais dire que nous avons trouvé des façons de faire datant des années 1950, mais ce serait plus juste d’évoquer les années 1850. Il a été révélé que des femmes – spécialement des jeunes femmes dans des situations d’emplois précaires – sont exploitées au travail et menacées si elles se plaignent. Elles sont forcées d’endurer la douleur, de porter des vêtements inappropriés pour leurs tâches ou qui sexualisent leur apparence et qui sont dégradants. Elles doivent se plier si elles ont besoin de travailler.»

La députée Jones a souligné en outre les études démontrant que le port de talons hauts peut être dommageable pour la santé.

Le rapport recommande que le gouvernement augmente de façon substantielle les peines que peuvent exiger les tribunaux des employeurs, incluant les pénalités financières. Il met en lumière que les conséquences, à l’heure actuelle, ne sont pas suffisantes pour dissuader les compagnies d’aller contre la loi.

Talons hauts et complet cravate, même combat?

Le banquier Dan Matthews a mentionné à The Associated Press que les hommes dans sa compagnie doivent porter des complets et cravates et qu’il considère que cela est une demande acceptable. «Je crois que c’est plutôt contradictoire dans un sens, parce qu’on attend des hommes qu’ils portent des complets et cravates, mais les femmes ne devraient pas porter de talons. Mais je crois que c’est là où la ligne se trouve actuellement».

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