Les sports modernes font ressortir l’instinct de compétition qui se trouve en chacun de nous. Métro a enquêté sur ceux qui tentent de repousser les limites du corps humain.

Pour les humains «normaux», des événements comme les Olympiques nous permettent d’exprimer notre admiration pour ceux qui réalisent des performances semblant dépasser les limites du corps.

Les exploits héroïques d’un Usain Bolt créent des souvenirs impérissables qui s’inscrivent immédiatement dans la psyché collective.

Notre fascination pour les performances hors du commun nourrit encore davantage l’appétit de ceux qui tentent de devenir des superhumains.

«Repousser les limites de nos habiletés est une facette importante de l’être humain. On le fait à plusieurs niveaux, à chaque stade de notre développement, expose Andy Miah, titulaire d’une chaire de recherche en communication à l’université de Salford, au Royaume-Uni. Cette volonté d’en apprendre plus sur nous, cette curiosité pour notre corps et notre monde est sans fin. Je dirais que ce désir de devenir un superhumain fait partie de notre ADN.»

La science établit les paramètres et les limites de la performance humaine, mais elle permet aussi de définir précisément les ajustements nécessaires pour atteindre de nouveaux records. Ces améliorations seront ensuite commercialisées.

«Je pense que l’espèce humaine est convaincue que nous n’avons pas de limites et que nous pouvons toujours aller plus loin.» –Andy Miah, titulaire d’une chaire de recherche en communication à l’université de Salford, au Royaume-Uni

Selon plusieurs experts, cette obsession des records, particulièrement en athlétisme, a eu pour effet de diminuer l’importance de la victoire, au profit de stratégies élaborées précisément pour briser certaines marques, comme la barrière des deux heures au marathon.

«La lutte contre les substances dopantes et la volonté d’avoir des compétitions propres ont aussi de l’influence sur la course aux records. En fait, si des records étaient remis en cause en raison de révélations de dopage, ça bouleverserait tout l’équilibre du sport, qui est basé sur la comparaison», estime Alan Tomlinson, professeur de sociologie du sport à l’Université de Brighton.
Les nouvelles technologies permettent désormais de modifier notre ADN. Les prothèses décuplent les capacités humaines. On pourra bientôt se demander s’il n’est pas désirable et normal de remplacer certains tissus humains par des matériaux synthétiques.

«J’entrevois une évolution vers la robotique dans le divertissement. Peut-être nous dirigeons-nous vers des sports et des athlètes non humains, mais extrêmement spectaculaires. C’est ce qui se passe déjà dans le monde des jeux vidéo. C’est la prochaine frontière. Les limites humaines sont presque atteintes», croit David Ridpath, professeur d’administration des sports à l’Université de l’Ohio.

«Nos capacités sont infinies»

Ashrita Furman, un Américain de 62 ans, a plus de 600 records Guinness à son actif. Métro s’est entretenu avec lui au sujet de ses exploits.

Vous considérez-vous comme un superhumain?
Nous sommes tous des super­humains. Nous avons tous une âme infinie. Il y a plusieurs façons d’atteindre nos zones inconnues. J’y arrive par la méditation. Notre esprit nous fait croire que nous sommes limités, mais notre âme prouve le contraire.

Vous êtes apparu dans le livre des records Guinness à plusieurs reprises. Ça ne semble pas être un exploit pour vous…
J’ai brisé plus de 600 records Guinness au fil des ans et j’en détiens encore 200. Chaque record est un défi, mais certains sont plus difficiles à obtenir que d’autres. Mon plus récent record, qui consistait à souffler 10 ballons sous l’eau le plus rapidement possible, m’a demandé des mois d’entraînement, d’essais et d’erreurs afin de surmonter plusieurs obstacles.

Pourquoi est-il important de repousser nos limites?
Je suis un adepte de la philosophie de l’autotranscendance, selon laquelle nous sommes tous capables de repousser nos frontières. Pour moi, le succès n’est pas la clé du bonheur. Faire des progrès et repousser des limites qu’on s’impose est la véritable voie du bonheur. Mon professeur de méditation, Sri Chinmoy, le dit magnifiquement : «Il n’y a qu’une route parfaite et elle se trouve devant nous, toujours devant nous».

Jusqu’où peuvent se rendre les humains? Y a-t-il une limite?
Je ne crois pas qu’il y ait de limite. Comme nous sommes des êtres spirituels et que notre âme est divine, nos capacités sont infinies. Lors d’un de mes records les plus pénibles, le record de roulades vers l’avant, je me suis mis à chanter «je ne suis pas un corps, je suis une âme». J’y crois profondément. Pour pousser notre corps encore plus loin, nous devrons nous plonger encore plus loin dans notre âme. Il n’y a pas de fin à ce que nous pouvons accomplir.

Qu’en est-il de l’impact de la technologie?
Pour moi, la robotique et la technologie sont secondaires. Un meilleur équipement et de meilleures méthodes d’entraînement peuvent aider, mais au final l’amélioration doit venir de l’intérieur.

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