Carlos Osorio Carlos Osorio / The Associated Press

Le président américain Donald Trump a confirmé, en dévoilant son budget pour 2018, qu’il entend éliminer tout financement fédéral d’un programme visant à faire face aux plus grandes menaces environnementales qui pèsent sur les Grands Lacs.

Selon le budget pour l’année 2018 annoncé par M. Trump jeudi, le gouvernement américain cessera des verser des fonds à l’Initiative de restauration des Grands Lacs (IRGL), qui vise notamment à dépolluer certaines zones des Grands Lacs et à contrôler les espèces envahissantes.

Le ministre québécois de l’Environnement, David Heurtel, avait souligné mardi l’importance de «maintenir le rythme au niveau des investissements» dans l’initiative de préservation de l’écosystème des Grands Lacs, qui chevauchent le Canada et les États-Unis, au niveau du sud de l’Ontario, et se déversent dans le fleuve Saint-Laurent.

En mêlée de presse avant d’entrer à la séance du caucus libéral, mardi, il s’était dit inquiet des intentions du président américain, tout en se gardant de vilipender l’administration de Donald Trump et son responsable de l’agence de protection environnementale (EPA). Le ministre avait fait valoir qu’il fallait d’abord attendre que le budget soit adopté par le Congrès américain «avant de crier au loup».

M. Heurtel avait insisté sur l’importance des États américains dans le travail de collaboration canado-américaine pour la restauration des Grands Lacs, qui se joue aussi au niveau de la Commission des Grands Lacs, avait-il relevé.

L’IRGL avait reçu un fort appui tant des élus démocrates que républicains du Congrès américain depuis le lancement du projet par l’ex-président Barack Obama, en 2009.

Jusqu’ici, l’IRGL a fait converger 2,2 milliards $ US dans la région qui s’étend sur huit États américains et qui traverse la frontière canadienne le long de l’Ontario.

Déchets toxiques et espèces envahissantes

Des projets ont ainsi été menés pour permettre le retrait de déchets toxiques déversés par des ports industriels ainsi que le contrôle d’espèces envahissantes telles que la carpe asiatique. Des efforts ont en outre été déployés pour restaurer l’habitat faunique de la région et pour prévenir la prolifération d’algues nuisibles.

«C’est un travail très important qui est fait avec les États américains (et) avec le gouvernement fédéral. Il y a des questions liées à la lutte contre les changements climatiques, les espèces envahissantes, la qualité de l’eau», avait énuméré le ministre Heurtel mardi.

Ce dernier semblait persuadé, avant l’annonce du budget par M. Trump, que de nombreux membres du Congrès — certains issus des huit États dont le territoire est rattaché aux Grands Lacs — allaient contester le retrait du financement à l’IRGL.

«Vous savez comme moi que le processus budgétaire aux États-Unis, ça prend du temps (et) il y a beaucoup de choses qui peuvent changer encore, avait-il dit aux journalistes en mêlée de presse. Et il y a beaucoup d’États qui sont touchés. Alors ça (signifie) beaucoup de représentants au Congrès, de sénateurs, de gouverneurs (…) qui sont touchés par les Grands Lacs.»

L’IRGL a reçu environ 300 millions $ US annuellement depuis sa création. L’an dernier, le Congrès avait voté pour la reconduction du programme pour cinq autres années.

L’automne dernier, un représentant de la campagne de Donald Trump avait affirmé que celui qui était alors candidat à la présidentielle était favorable à l’IRGL.

Le Parti québécois estime que la suppression du budget annuel de l’IRGL est «une catastrophe» et demande au gouvernement Couillard «de définir une stratégie pour maintenir la pression en matière de protection de l’environnement».

«Il est impensable que le Québec reste les bras croisés et ne réagisse pas aux conséquences désastreuses prévisibles de ces coupes», a déclaré dans un communiqué le porte-parole péquiste en matière de relations internationales, Stéphane Bergeron.

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