BEYROUTH — L’armée syrienne a repris lundi des quartiers de la capitale, Damas, qui avaient été capturés par l’insurrection la veille, et les combats des deux derniers jours ont fait des dizaines de morts, selon l’armée et un militant qui se trouve sur place.

L’attaque soudaine des rebelles à Damas — dans la nuit de samedi à dimanche, avec l’aide de tunnels et de voitures piégées — constitue leur plus sérieuse infiltration dans la capitale en plusieurs années.

Le Comité de libération du Levant, une coalition de plusieurs groupes menée par la filiale syrienne d’Al-Qaïda, et la faction indépendante Fallaq al-Rahman ont dirigé ce blitz qui a pris l’armée syrienne par surprise.

Ce n’est pas la première fois que les rebelles essaient de défoncer les portes de Damas, le siège du pouvoir du président Bachar el-Assad, mais l’incursion de dimanche était la plus grave depuis 2012, quand les insurgés s’étaient emparés de plusieurs quartiers de la capitale avant d’être pulvérisés par l’armée.

Les combats de dimanche se sont concentrés là où se rencontrent les quartiers de Jobar et de Qaboun. La faction ultraconservatrice Ahrar al-Sham a annoncé la «libération» du secteur.

La télévision syrienne citait lundi un responsable militaire non identifié qui affirmait que l’armée a repris le contrôle total de la ville. L’armée de l’air aurait lancé au moins 25 frappes aériennes contre Jobar. La Garde républicaine, une unité d’élite, aurait aussi participé à la contre-offensive, selon une chaîne de télévision libanaise contrôlée par le Hezbollah.

L’Observatoire syrien des droits de la personne, à Londres, rapporte la mort de 26 membres des forces gouvernementales et de 21 rebelles.

Par ailleurs, l’Union européenne a imposé lundi des sanctions à quatre dirigeants militaires syriens concernant l’utilisation d’armes chimiques. Les quatre individus n’ont pas été identifiés, mais on compte maintenant 239 personnes qui font l’objet d’un gel de leurs avoirs ou d’interdictions de voyager relativement à la répression des civils en Syrie.

L’Union européenne avait précédemment gelé les avoirs de la banque centrale syrienne et interdit l’exportation vers la Syrie de matériel qui pourrait être retourné contre les civils.

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