AP Jeremy Corbyn

LONDRES — Confronté à des sondages défavorables et à un faible taux de popularité, le chef de l’opposition britannique, le travailliste Jeremy Corbyn, a lancé jeudi sa campagne électorale en prétendant être le mieux placé pour renverser un système politique et économique «truqué».

Le chef du Parti travailliste a affirmé que le vote du 8 juin opposera le peuple britannique à l’ordre établi. Il prétend que l’issue du scrutin n’est pas inévitable.

Sa formation traîne loin derrière le Parti conservateur de la première ministre Theresa May dans les sondages, et plusieurs au sein de son parti croient que M. Corbyn, un socialiste de 67 ans, est trop à gauche pour être à même de rallier l’électorat.

Le preneur aux livres Ladbrokes donne au Parti travailliste une cote de victoire de 12-1 lors du vote anticipé annoncé par Mme May plus tôt cette semaine. Les sondages laissent croire que la formation perdra des dizaines des 229 sièges qu’elle occupe actuellement à la Chambre des communes.

M. Corbyn a profité de son premier grand discours de la campagne pour évoquer l’insatisfaction qui a chamboulé l’échiquier politique mondial, des États-Unis jusqu’à la France. Il a déclaré jeudi que les anciennes règles imposées par les élites politiques et économiques sont maintenant sans valeur.

«Je ne respecte pas leurs règles, et si un gouvernement travailliste est élu le 8 juin, nous ne respecterons pas non plus leurs règles, a-t-il lancé. Ce sont les règles d’hier, décidées par des élites politiques et corporatives que nous devrions reléguer au passé.»

M. Corbyn n’a pratiquement fait aucune mention de la question qui plane au-dessus de la campagne — le Brexit. Mme May a expliqué que sa réélection avec une majorité encore plus forte viendrait renforcer la position de Londres face à Bruxelles.

La question est problématique pour le Parti travailliste: si la formation a milité en faveur d’un maintien au sein de l’UE, plusieurs de ses députés représentent des circonscriptions ouvrières du nord de l’Angleterre qui ont voté en faveur d’un départ.

M. Corbyn n’a offert qu’un appui timide au camp «rester» pendant la campagne référendaire, après des décennies passées à dénoncer l’UE pour avoir donné trop de pouvoirs aux corporations aux dépens des travailleurs. Il a dit jeudi que le vote du 8 juin permettra de décider «quel genre de pays nous voulons après le Brexit».

Il a dit que le Parti travailliste respectera l’issue du référendum, mais qu’il s’assurera que les protections environnementales et ouvrières de l’UE ne seront pas diluées après la sortie du Royaume-Uni.

Par ailleurs, le président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker est attendu à Londres la semaine prochaine, à l’invitation de Mme May. Il sera accompagné du négociateur en chef de l’UE dans le dossier du Brexit, Michel Barnier. Les deux camps discuteront mercredi des deux années de pourparlers qui les attendent maintenant que le Royaume-Uni a décidé de claquer la porte de l’UE.

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