PARIS — Un policier a été tué et deux autres blessés par des coups de feu sur les Champs Élysées à Paris, ont annoncé les autorités françaises, jeudi.

Un porte-parole du ministère de l’Intérieur, Pierre-Henry Brandet, a indiqué qu’une voiture s’était arrêtée à la hauteur d’un car de police où prenaient place plusieurs agents. Un homme en est sorti et a ouvert le feu «a priori à l’arme automatique».

Trois policiers ont été atteints, dont un a succombé à ses blessures. M. Brandet a ajouté que l’homme avait tenté de prendre la fuite à pied et a été atteint par balle. Il a confirmé, lors d’un point de presse, que cet assaillant a été tué.

«Les policiers ont été délibérément pris pour cibles», avait déclaré M. Brandet plus tôt, sur les ondes de la chaîne française BFMTV.

Au cours de son point de presse, le porte-parole du ministère de l’Intérieur a indiqué qu’il «n’est pas exclu» que l’assaillant ait pu compter sur un ou plusieurs complices. M. Brandet a refusé de dire si l’individu était connu des autorités. Cela «n’a pas été établi de manière précise et claire», a-t-il répondu.

Le ministère de l’Intérieur a également démenti sur Twitter qu’un deuxième policier avait été tué au cours de l’incident :

Une ressortissante étrangère a également été touchée durant l’incident, sans doute par des éclats, a indiqué le procureur de la République, François Molins.
Ce dernier a révélé que l’identité de l’assaillant «est connue et a été vérifiée». Les autorités refusent de la dévoiler en raison de l’enquête en cours. Les policiers veulent notamment déterminer si l’individu avait des complices.

Les policiers ont mené une perquisition dans une résidence de la commune de Chelles, située dans l’agglomération parisienne. Selon un document judiciaire obtenu par l’Associated Press, l’adresse serait celle d’un dénommé Karim Cheurfi, un individu âgé de 39 ans déjà condamné par le passé. Le quotidien français Le Parisien a indiqué que ce Cheurfi avait été reconnu coupable d’avoir attaqué un agent de police en 2001.

Plusieurs médias français ont annoncé que l’attaque avait été revendiquée par le groupe armé État islamique sur ses organes de propagande.

Déclaration du président Hollande
Au cours d’une brève déclaration prononcée depuis la cour du palais de l’Élysée, vers 23 h 20 (heure locale), le président de la République française, François Hollande, a indiqué que la piste suivie par les enquêteurs était «d’ordre terroriste».

M. Hollande, qui s’est réuni avec le premier ministre Bernard Cazeneuve et le ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl, a tenu à rassurer ses concitoyens en annonçant une réunion du Conseil de défense, vendredi matin. «Je réitère ici tous les engagements que j’ai pris. Tout doit être fait pour que ces policiers, gendarmes et militaires puissent exercer leur mission. Nos concitoyens sont protégés, ils doivent l’être. Ils le seront. Le principe de base, c’est la confiance, la solidarité et le soutien de la nation à l’égard des forces de sécurité», a-t-il souligné.

M. Hollande a ajouté que les autorités seront d’une «vigilance absolue lors du processus électoral».

Il a aussi rendu hommage aux victimes. «Mes pensées vont vers la famille du policier tué et les proches des policiers blessés», a-t-il déclaré. Le chef de l’État a aussi annoncé qu’un hommage national serait rendu à ce policier «qui a été lâchement assassiné».

Imposante opération policière
La Préfecture de police de Paris a diffusé un avis par Twitter, demandant à la population d’éviter ce secteur en raison d’une «intervention de police».

Un périmètre de sécurité a été établi dans le VIIIe arrondissement. La Brigade de recherche et d’intervention (BRI) a été dépêchée sur place. Un hélicoptère de la préfecture survolait le secteur.

Le ministère de l’Intérieur a indiqué sur son compte Twitter que «des vérifications sont en cours ainsi que des opérations de déminage du véhicule de l’assaillant».

L’enquête a été confiée à la section antiterroriste de la Brigade criminelle et à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), a indiqué le parquet de Paris.

L’échange de tirs est survenu en milieu de soirée, vers 21 h (heure locale), près d’une succursale de la chaîne Marks and Spencer, à proximité de la place de l’Étoile, où est situé l’Arc de Triomphe. Plusieurs restaurants et boutiques de cette avenue qui attire bon nombre de touristes ont fermé leurs portes. Après avoir mis les lieux en sécurité, les policiers ont évacué les gens qui s’étaient réfugiés dans les magasins ou les restaurants des Champs-Élysées.

Mardi, deux personnes soupçonnées «de vouloir commettre, de façon imminente, une action violente à la veille de l’élection présidentielle française» ont été arrêtées à Marseille, selon la déclaration du ministre de l’Intérieur, Matthias Fekl.

Réactions des principaux candidats à la présidentielle
Cette fusillade survient alors que la population s’apprête à voter à l’occasion du premier tour de l’élection présidentielle, dimanche. Les principaux candidats ont tous réagi hier sur les réseaux sociaux :

Aux États-Unis et au Canada
Réagissant à l’incident, le président américain Donald Trump a affirmé que la fusillade à Paris semblait être «une autre attaque terroriste». Il a aussi offert ses condoléances de la part des États-Unis au peuple français.

Le premier ministre du Canada Justin Trudeau a également exprimé sa solidarité sur Twitter :

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