Ricardo Botelho Ricardo Botelho / The Associated Press

RIO DE JANEIRO — Le président brésilien Michel Temer a rejeté, jeudi, les appels à sa destitution, affirmant qu’il allait démentir les allégations selon lesquelles il aurait versé de l’argent à un ancien politicien emprisonné pour corruption, afin de faire taire ce dernier.

Mercredi soir, le journal «Globo» a rapporté que le président brésilien avait été enregistré en train de verser des pots-de-vin à Eduardo Cunha, l’ancien président de la Chambre des députés.

Ces allégations pourraient mener à la chute du président et saper les réformes élaborées jusqu’à présent pour sortir l’économie brésilienne de la récession.

Le président s’est adressé à la nation à la suite de ces nouvelles allégations. Plus tôt, son bureau avait annulé ses activités prévues au calendrier pour la journée. Les marchés boursiers ont plongé et les deux chambres du Congrès brésilien ont annulé leur session parlementaire.

Des manifestations s’organisaient dans plusieurs villes, pendant que les élus de l’opposition se tournaient vers Twitter et les médias locaux pour demander la démission du président ou sa destitution, affirmant que son gouvernement n’avait plus la légitimité de gouverner.

Dans son discours aux Brésiliens, Michel Temer a clamé son innocence, disant qu’il n’avait «acheté le silence de personne» et qu’il ne démissionnerait pas.

La situation s’était envenimée à l’aube, jeudi, quand des policiers ont fouillé la résidence de Rio de Janeiro du sénateur Aecio Neves, ainsi que son bureau.

M. Neves fait l’objet d’une enquête pour plusieurs cas de corruption relativement à une enquête portant sur des pots-de-vin versés à des politiciens.

Alors que M. Neves nie toute malversation, la Cour suprême du pays a suspendu le sénateur de ses fonctions de manière indéfinie, jeudi.

Toujours dans la journée de jeudi, on ignorait où se trouvait Aecio Neves et les demandes d’entrevues auprès de lui sont demeurées vaines.

Selon le journal «Globo», le patron de l’entreprise JBS, Joesley Batista, aurait enregistré le président Temer offrant un pot-de-vin à Eduardo Cunha pour acheter son silence. M. Batista aurait remis les enregistrements des conversations à des représentants de la justice dans le cadre de négociations de plaidoyer.

Eduardo Cunha a mené le processus de destitution de l’ancienne présidente Dilma Rousseff l’an dernier et a porté Michel Temer — alors vice-président — au pouvoir. Or, M. Cunha a plus tard reçu une peine de 15 ans de prison pour corruption.

Selon la firme de consultation privée Eurasia Risk Consultancy, si les nouvelles allégations devaient s’avérer véridiques, «le président Temer risque fort bien de ne pas terminer son mandat» et les réformes majeures proposées par le président seront retardées.

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