The Associated Press Donald Trump

WASHINGTON — L’avion du président américain venait à peine de décoller, vendredi, afin que celui-ci amorce son premier voyage à l’étranger, que deux éléments majeurs sont venus amplifier la tempête qui le guette: un reportage du «New York Times» suivi d’un autre du «Washington Post», lesquels laissent présager des turbulences sévères à venir pour Donald Trump.

L’Air Force One venait tout juste de procéder au départ du vol du président devant le mener au Moyen-Orient quand la menace a commencé à surgir.

Par le biais de Twitter, le «New York Times» a donné le ton en milieu d’après-midi en lançant sensiblement ce message : M. Trump a dit aux représentants russes qu’il a rencontrés dans le bureau ovale que le directeur du FBI limogé James Comey était un «fou». Le président aurait par ailleurs affirmé que le fait de licencier M. Comey lui avait permis d’atténuer la pression qui pesait sur lui dans l’affaire de présumée ingérence de la Russie dans la campagne électorale de 2016.

Un membre démocrate du Congrès, Ted Lieu, a aussitôt fait part de la conclusion qu’il tirait, s’exprimant par le même réseau social en tranchant que «ceci est de l’obstruction de (la) justice».

Le porte-parole de la Maison-Blanche Sean Spicer n’a pas démenti le reportage du «New York Times» dans les faits, mais a plutôt remis en question l’interprétation faite des paroles de Donald Trump. M. Spicer a ainsi fait valoir que le président ne cherchait pas à parler de relâcher la pression judiciaire, mais politique. Il a dit que la pression post-élections rendait difficile la collaboration avec la Russie.

Et maintenant, les Américains pourront entendre la version de M. Comey.

L’ancien directeur du FBI a accepté de témoigner devant le comité de renseignement du Sénat après le jour du Souvenir, qui a lieu le 29 mai, selon l’Associated Press.

Le président du comité sénatorial, le sénateur Richard Burr, et le sénateur démocrate Mark Warner, ont annoncé vendredi que James Comey témoignera publiquement devant le comité.

La date de l’audience n’a toutefois pas encore été fixée.

Les mauvaises nouvelles pour M. Trump ne se sont pas arrêtées aux révélations du «New York Times». Le «Washington Post» publiait un reportage, à quelques minutes d’intervalle, qui soulève des questions qui comportent un potentiel de dangerosité encore plus fort. Au centre de l’affaire: L’information selon laquelle un responsable en fonction à la Maison-Blanche serait une personne d’un intérêt significatif dans l’enquête sur les allégations relatives à la Russie.

Si cette information s’avère vraie, elle signifie que les hauts paliers gouvernementaux américains sont touchés.

«Le haut conseiller de la Maison-Blanche sous surveillance des enquêteurs est quelqu’un qui est proche du président, selon des sources», énonce-t-on dans le reportage en question.

La provenance de cette information était difficile à déterminer, vendredi en début de soirée.

Quoi qu’il en soit, le moment de la sortie des deux reportages fracassants est une constante qui pourrait porter un dur coup au président. Ce dernier amorce un séjour de neuf jours au Moyen-Orient et en Europe. La plupart des membres haut placés de l’administration voyagent avec lui, ce qui laisse peu de hauts responsables disposés à se porter à sa défense à Washington.

Le contenu de telles révélations ainsi que le moment choisi pour les sortir laissent croire que M. Trump a des ennemis au sein du gouvernement américain.

Déjà, les comités du Congrès contrôlés par les républicains se montrent plus agressifs dans leur recherche de document et de témoins depuis le renvoi de M. Comey.

De leur côté, les leaders démocrates semblent vouloir se concentrer sur l’enquête relative à la Russie plutôt que de se laisser aller par un apparent vent soufflant dans la direction d’un déclenchement d’une procédure de destitution.

«Nous allons apprendre des choses durant le processus (d’enquête)», a dit un éminent élu démocrate, Elijah Cummings.

«Est-ce que va mener à la destitution? Je ne sais pas.»

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