Susan Walsh Susan Walsh / The Associated Press

MONTRÉAL — Les paris sur une éventuelle destitution du président Donald Trump sont maintenant officiellement ouverts.

Loto-Québec a proposé, mercredi sur sa plateforme Mise-o-jeu, la question suivante: «Donald Trump sera-t-il toujours président des États-Unis après le 1er mai 2018?»

L’apparition de cette question s’inscrit dans une nouvelle tendance à la société d’État: «Ça fait un an et demi qu’on offre des paris politiques», a expliqué le porte-parole de Loto-Québec, Patrice Lavoie, en entrevue avec La Presse canadienne.

C’est d’ailleurs avec des paris sur les résultats de la présidentielle américaine, lancés avant le début des primaires l’an dernier, que la société d’État a non seulement ouvert une porte sur cette possibilité, mais aussi découvert du même coup une manne jusque-là inexploitée: «Ç’a été notre pari non sportif le plus populaire de tous les temps», reconnaît M. Lavoie.

Depuis, d’autres paris politiques ont été offerts, notamment pour la présidentielle française.

Dans ce cas-ci, toutefois, la nature de la question de cette «Loto-Trump» n’est que le dernier témoin du caractère imprévisible de la présidence pour le moins atypique de l’homme d’affaires new-yorkais.

Malgré tout, Loto-Québec semble croire qu’il sera toujours en poste dans un an puisque la société d’État donnait, au moment d’écrire ces lignes, une cote trois fois et demie supérieure pour son maintien.

Ainsi, le parieur qui miserait 1,00 $ sur son départ recevrait 3,65 $ s’il n’est plus là dans un an, alors qu’il ne recevrait que 1,10 $ s’il y est toujours.

«C’est une analyse qui se fait à l’interne, selon les sondages, l’actualité, a précisé Patrice Lavoie. C’est un savant calcul qui permet ultimement de démontrer s’il y a plus de chances que le oui ou le non l’emporte.»

Les cotes sont cependant variables au fil du temps, selon les changements et les événements de l’actualité.

L’inévitable dilemme éthique entourant le bien-fondé de voir une société d’État proposer des paris sur la politique n’a pas échappé à Loto-Québec, qui assure avoir clairement délimité le territoire: «Loto-Québec n’offrirait jamais par exemple des paris sur la politique canadienne, la politique municipale ou la politique québécoise, parce que ce serait un peu délicat, puisqu’ici nous sommes partie prenante (…) Cette porte est fermée à double tour», assure M. Lavoie.

Même en plaçant la présidence de Donald Trump aux enchères, Loto-Québec s’est gardé une petite gêne: «La question a quand même été tournée de manière positive: on ne suggère pas qu’il ne le sera pas (président)», fait-il valoir, ajoutant que les cotes démontrent justement qu’il a plus de chances d’être encore président en mai 2018 que de ne pas l’être.

Sauf que… ces cotes ne peuvent être invoquées comme garantes d’impartialité puisqu’elles sont établies en fonction de l’actualité et, s’il s’avérait en cours de route que sa présidence soit menacée, elles basculeraient aussitôt dans l’autre sens.

Les paris sur cette «Loto-Trump» seront ouverts jusqu’au 1er octobre prochain.

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