Getty Images La ville d'Erbil, dans le Kurdistan irakien

Les responsables du Kurdistan irakien ont annoncé officiellement mercredi que les Kurdes de cette région autonome du nord de l’Irak pourront se prononcer sur leur indépendance au cours d’un référendum le 25 septembre prochain.

Masoud Barzani, le président du gouvernement régional du Kurdistan irakien, a annoncé le vote sur Twitter. Hamin Hawrami, un conseiller présidentiel, a pour sa part indiqué sur son propre compte Twitter que la décision faisait suite à une réunion des principaux partis politiques kurdes à Erbil, la capitale de la région.

Le référendum sur la sécession d’avec l’Irak se tiendra dans les trois gouvernorats qui composent la région kurde, ainsi que dans les secteurs disputés par les gouvernements kurdes et irakiens, mais présentement sous contrôle militaire kurde.

Il est toutefois impossible de dire si un vote en faveur du «oui» mènerait à une déclaration d’indépendance. Le gouvernement irakien n’avait toujours pas réagi à l’annonce mercredi soir. Le premier ministre irakien Haider al-Abadi avait affirmé en avril qu’il respectait le droit des Kurdes à voter sur leur indépendance, mais qu’il ne croyait pas que le contexte était le bon pour une telle décision.

Peuplée de 5 millions de personnes, la région kurde d’Irak jouit déjà d’une grande autonomie: elle a son propre parlement ainsi que ses propres forces armées. Néanmoins, les relations avec le gouvernement central à Bagdad se sont effritées au cours des dernières années dans de nombreux dossiers, dont ceux du partage des revenus du pétrole et du contrôle de certaines régions faisant partie de la fédération irakienne, mais sous contrôle kurde depuis 2014 en raison de la guerre contre le groupe armé État islamique (EI).

Certains États voisins comme la Turquie, la Syrie et l’Iran, qui comptent de grandes – et parfois récalcitrantes – populations kurdes, se sont opposés dans le passé à toute velléité d’indépendance.

La Turquie, particulièrement méfiante par rapport aux ambitions kurdes, a d’ailleurs envoyé ses propres troupes en Syrie afin de limiter les gains territoriaux réalisés par les milices kurdes, soutenues par les États-Unis, dans leur combat contre EI. Le Parti des travailleurs du Kurdistan est notamment perçu par Istanbul comme une organisation terroriste.

Depuis la fondation de l’Irak, les Kurdes ont toujours eu une relation difficile avec le gouvernement central. Une série de révoltes ont été réprimées, souvent de manière très brutale, ou se sont conclues sur des compromis insatisfaisants pour les Kurdes. Depuis la guerre du Golfe en 1991, le Kurdistan irakien jouit d’une autonomie de facto sous la protection américaine. La région a connu un développement économique important, principalement en raison de ses réserves d’énergies fossiles et de ses liens économiques avec la Turquie.

Les relations avec le gouvernement irakien se sont envenimées depuis la fin d’une entente de partage des revenus du pétrole en 2015. Depuis que les militants d’EI ont pris le contrôle du nord du pays en 2014, les forces kurdes ont repris de larges portions de territoires, dont la ville de Kirkuk – riche en pétrole –, ce qui a créé davantage de tensions avec Bagdad.

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