Frank Franklin II/AP Teodoro Nguema Obiang Mangue

PARIS — Le vice-président de la Guinée équatoriale s’est retrouvé lundi devant la justice française, qui l’accuse d’avoir dépensé et investi en France des dizaines de millions de dollars acquis illégalement dans son pays.

Teodoro Nguema Obiang Mangue a été nommé vice-président de la Guinée équatoriale par son père au moment où l’étau judiciaire français se resserrait sur lui. Il prétend jouir de l’immunité face à la justice et ne s’est pas présenté à l’ouverture de son procès.

L’argent qu’on le soupçonne d’avoir blanchi en France proviendrait de la corruption, de détournements de fonds et d’activités d’extorsion dans son pays.

L’homme de 47 ans est soupçonné d’avoir utilisé cet argent pour financer un train de vie somptueux composé de voitures de luxe, de vêtements griffés, d’oeuvres d’art de grande valeur et de biens immobiliers haut de gamme. Il est passible de dix ans de prison s’il est reconnu coupable, selon le bureau du procureur.

La France enquête sur plusieurs leaders africains ou leurs proches qui vivraient des fruits de la corruption. Le dossier de M. Obiang est le premier à accoucher d’un procès.

L’affaire s’est concrétisée quand des organisations non gouvernementales qui luttent contre la corruption ont lancé une poursuite en France il y a dix ans. La plainte originale ciblait le père de M. Obiang, mais aussi les présidents du Congo, de l’Angola, du Burkina Faso et du Gabon, feu Omar Bongo. On leur reprochait tous d’avoir caché des fonds illicites en France.

Selon l’acte d’accusation, avant d’être nommé vice-président en 2012, M. Obiang aurait dépensé des millions de dollars en fonds publics ou corporatifs, ou tirés d’activités d’extorsion, pour séjourner dans de somptueux palais parisiens, avant d’acheter son propre manoir dans un quartier huppé de la capitale française.

Quand les policiers ont visité les lieux, ils ont découvert un manoir de six étages équipé d’un gymnase, d’un bain turc, d’une boîte de nuit, d’un salon oriental, d’un salon de coiffure, d’un salon de jeux et de robinets plaqués or. Une douzaine de voitures de luxe étaient garées derrière, notamment des Bugattis, des Bentleys, des Ferraris, une Maserati, une Aston Martin et une Porsche valant des millions de dollars.

M. Obiang aurait aussi dépensé 20 millions $ US lors d’un encan d’oeuvres d’art et aurait acquis, au fil des ans, des bijoux d’une valeur de plus de 11 millions $ US.

Ses avocats contestent la juridiction française dans cette affaire. Le plus haut tribunal du pays a toutefois tranché contre eux. La Cour internationale de justice a ensuite rendu un jugement intérimaire qui autorise la tenue du procès, mais ordonne aux autorités françaises de considérer le manoir comme appartenant à l’ambassade de Guinée équatoriale.

Les avocats de M. Obiang ont demandé à la justice française, lundi, de suspendre le procès en attendant la décision finale du tribunal onusien, ce qui pourrait prendre des années.

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