AP Mitch McConnell

WASHINGTON — Les républicains du Sénat des États-Unis ont dévoilé, jeudi, leur projet de loi grandement attendu pour abroger et remplacer la loi sur les soins de santé promulguée par l’ex-président Barack Obama.

Quatre sénateurs conservateurs ont rapidement pris position contre cette réforme qui assouplirait les règles auxquelles sont soumis les assureurs et qui abolirait les hausses d’impôts ayant permis de financer l’«Obamacare». D’autres se sont faits évasifs, jeudi, brandissant le spectre d’un rejet du projet de loi par la chambre haute du Congrès, que contrôlent pourtant les républicains.

Le dépôt du document de 142 pages a mis fin à un long suspense, car le remaniement du projet de loi, déjà adopté — de justesse — par la Chambre des représentants, s’est fait derrière des portes closes. L’abrogation de la Loi sur la protection des patients et les soins abordables, le projet-phare de Barack Obama sur le plan domestique, représente l’un des objectifs les plus chers aux républicains.

Sur Twitter, le président Donald Trump a exprimé son soutien à ce projet de loi. «Rappelez-vous, l’ObamaCare est mort», a-t-il écrit.

Son prédecesseur a également réagi à la nouvelle sur les réseaux sociaux, martelant que les amendements qu’effectuera le Sénat «ne changeront rien à la méchanceté fondamentale qui se trouve au coeur de ce projet de loi».

Sous sa forme actuelle, il prévoit l’abolition des sanctions pour les citoyens qui ne souscrivent pas à une assurance maladie et pour les grandes entreprises qui n’offrent aucune couverture à leurs employés. Les démocrates soutiennent qu’il effriterait les gains réalisés sous l’administration de M. Obama, qui avait vu 20 millions d’Américains de plus se doter d’une assurance.

«Nous devons agir, a lancé le chef de la majorité au Sénat, Mitch McConnell. Parce que l’Obamacare est une attaque directe contre la classe moyenne, et les familles américaines méritent mieux que le statu quo défaillant.»

Les sénateurs opposés à ce projet de réforme — Ted Cruz, Rand Paul, Mike Lee et Ron Johnson — se sont toutefois dits ouverts à en discuter. Ils déplorent qu’il ne remplit pas «la plus impotante promesse que nous avons faite aux Américains: abroger l’Obamacare et baisser leurs frais d’assurance maladie».

D’autres élus républicains ont fait part de leurs inquiétudes quant aux coupes prévues aux les budgets de lutte contre la toxicomanie et peut-être même de Planned Parenthood, un organisme dans la mire de bon nombre de républicains parce qu’il fournit un service d’interruption volontaire de grossesse.

Selon le Bureau du budget du Congrès, qui est non partisan, quelque 23 millions d’Américains perdraient leur assurance d’ici 2026 sous la loi adoptée le mois dernier par la Chambre des représentants.

Le texte déposé jeudi a reçu l’appui de la Chambre de commerce des États-Unis, mais a été critiquée par plusieurs associations médicales. Il devrait être soumis au vote des sénateurs la semaine prochaine. La défection de trois des 52 élus républicains empêcherait son adoption.

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