Carolyn Kaster Carolyn Kaster / The Associated Press

WASHINGTON — La majorité des victimes de crimes haineux aux États-Unis ne rapportent pas les faits à la police, selon une nouvelle étude, et des militants craignent que les politiques et rhétoriques de l’administration Trump découragent encore davantage les victimes à dénoncer.

Plus de la moitié des quelque 250 000 crimes haineux perpétrés aux États-Unis de 2004 à 2015 n’ont pas été dénoncés aux autorités pour différentes raisons, selon une étude du Bureau des statistiques de la justice. Les crimes haineux n’étaient souvent pas dénoncés parce que la situation avait été réglée d’une autre façon, indique le rapport, qui souligne toutefois que plusieurs victimes avaient aussi l’impression que l’incident n’avait pas d’importance ou que la police ne les aiderait pas.

Selon Patricia Montes, directrice générale du groupe de défense des droits des immigrants Centro Presente, ce rapport illustre bien la crainte ressentie dans les communautés. Tout comme d’autres militants, elle s’inquiète particulièrement des immigrants latino-américains, qui pourraient être réticents à rapporter des crimes haineux de crainte d’être déportés.

Le rapport, publié jeudi, s’appuie sur un sondage mené auprès des ménages américains et fait partie de plusieurs études visant à quantifier les crimes haineux.

Il cite les préjugés raciaux comme principale motivation: ils représenteraient ainsi plus de 48 pour cent des cas enregistrés de 2011 à 2015. Les crimes haineux motivés par l’origine ethnique représentaient environ 35 pour cent de ces cas, tandis que ceux liés à l’orientation sexuelle formaient 22 pour cent des cas. La quasi-totalité des répondants ont dit avoir eu l’impression d’être victimes d’un crime haineux en raison de propos tenus par l’assaillant.

Les personnes d’origine hispanique ont été celles ayant été le plus victimisées, suivies des personnes noires.

Le nouveau rapport montre les limites de la dénonciation des crimes haineux, estime le directeur du Centre pour l’étude de la haine et de l’extrémisme, Brian Levin. «Plusieurs victimes ne dénoncent pas les crimes haineux pour des raisons personnelles et institutionnelles, explique-t-il. Bien que la méfiance de certaines victimes envers la police les empêche de dénoncer, des victimes de la communauté LGBT peuvent choisir de ne pas le faire par crainte de perdre un emploi ou de voir leur orientation sexuelle être révélée à leur famille.»

Le rapport a été publié au moment où des représentants du département américain de la Justice ont rencontré des groupes militants et des experts, jeudi, pour discuter des crimes haineux et de la meilleure façon de les répertorier. Les autorités ont souvent déploré le manque de données solides sur cet enjeu.

Le procureur général Jeff Sessions a déclaré aux militants que son département s’engageait à enquêter sur de tels incidents et à traduire les assaillants devant la justice.

«Les crimes haineux sont des crimes violents, a dit M. Sessions au groupe. Aucune personne ne devrait craindre d’être violemment attaquée en raison de ce qu’elle est, de ce en quoi elle croit ou du dieu qu’elle vénère.»

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