Getty Images Simone Veil en 1975

PARIS — L’ancienne politicienne française Simone Veil — qui avait survécu aux camps de la mort nazis, présidé le Parlement européen et défendu farouchement les droits des femmes — est décédée vendredi à l’âge de 89 ans.

Son décès a été annoncé par le bureau de son fils, Jean Veil.

Mme Veil avait expliqué que ses expériences dans les camps nazis avaient fait d’elle une fervente partisane de l’unification européenne.

Deux fois membres du gouvernement français, elle était surtout connue en France pour avoir mené une bataille acharnée en faveur de la légalisation de l’avortement dans les années 1970. La loi française sur l’avortement est toujours connue, 40 ans plus tard, comme la «loi Veil», et elle a dit qu’il s’agit de la réalisation dont elle est la plus fière.

Mme Veil n’hésitait pas à se qualifier de féministe dans un pays où plusieurs femmes craignent d’utiliser le mot. Elle se percevait comme l’avocate des plus démunis et a consacré une bonne portion du début de sa carrière à améliorer les conditions dans les prisons.

Sa famille et elle avaient été arrêtés et déportés par la Gestapo en 1944. Alors âgée de 16 ans, Mme Veil s’était retrouvée au camp d’Auschwitz en compagnie de sa mère et de sa soeur. Son père et son frère n’ont jamais été revus après avoir été envoyés vers un autre camp, et sa mère a éventuellement succombé au typhus dans le camp de Bergen-Belsen.

Sa soeur et elle sont revenues en France après la guerre. Mme Veil a étudié le droit à l’Institut d’études politiques et y a rencontré le fonctionnaire Antoine Veil, qu’elle a épousé en 1946.

Nommée ministre de la Santé par le président Valéry Giscard d’Estaing en 1974, elle se retrouve au coeur de la lutte pour la légalisation de l’avortement, ce qui lui vaut plusieurs attaques vicieuses et personnelles. Elle a ainsi été réduite en larmes par un député qui l’a accusée de vouloir «envoyer les enfants aux fours crématoires».

Elle sera plus tard présidente du Parlement européen et membre de l’institution jusqu’en 1993.

Elle a été admise à l’Académie française en 2010.

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