Carolyn Kaster Carolyn Kaster / The Associated Press

WASHINGTON — Le secrétaire d’État des États-Unis, Rex Tillerson, a affirmé mardi que le plus récent essai de la Corée du Nord a été réalisé avec un missile balistique intercontinental, ce qu’il a qualifié de «nouvelle escalade de la menace».

Afin de répondre directement à la provocation nord-coréenne, les soldats des États-Unis et de la Corée du Sud ont tiré des missiles de précision dans les mers territoriales sud-coréennes, mardi. Ces tirs de missiles démontraient la solidarité entre les deux pays, a indiqué l’armée des États-Unis dans un communiqué.

À la demande des États-Unis, du Japon et de la Corée du Sud, le Conseil de sécurité des Nations unies tiendra une réunion d’urgence, mercredi après-midi.

M. Tillerson a indiqué que cela faisait partie de la réponse des États-Unis, qui comprendra des «mesures plus sévères pour que (le gouvernement nord-coréen) rende des comptes». Le secrétaire d’État a ajouté que les États-Unis «n’accepteraient jamais une Corée du Nord avec l’arme nucléaire».

Avant la déclaration du secrétaire d’État, l’armée américaine avait plutôt dit croire que la Corée du Nord avait tiré un missile de portée intermédiaire.

Le tollé a semblé plutôt conforter la Corée du Nord dans ses actions. Pyongyang a transmis un communiqué mercredi par l’entremise de son média d’État qui cite le dirigeant Kim Jong-un exhortant ses scientifiques à «envoyer fréquemment des « cadeaux emballés » petits et grands aux Yankees», une référence apparente à la poursuite des essais nucléaires et des tirs de missiles ordonnés par le dirigeant depuis sa prise de pouvoir à la fin 2011.

Dans son communiqué diffusé mardi soir alors que la plupart des Américains célébraient leur fête nationale, M.Tillerson ne mentionne aucunement la Chine, l’un des alliés du régime nord-coréen.

Le président américain Donald Trump semble réévaluer sa stratégie pour la région, laissant entendre que la Chine pourrait ne pas être en mesure de gérer le régime nord-coréen.

M. Trump a réagi promptement au nouveau tir de missile qui aurait franchi une plus haute altitude et une plus longue distance que les précédents, critiquant le dirigeant Kim Jong-un et exhortant la Chine à agir avec force contre la Corée du Nord et à «mettre fin à ce non-sens une fois pour toutes». Le président n’a toutefois pas offert de détails sur la voie à suivre.

Des officiels de la Maison-Blanche n’ont pas répondu aux questions concernant les propos de M. Trump. Depuis qu’il a pris le pouvoir, M. Trump a parlé de confronter Pyongyang et de pousser la Chine à accentuer la pression sur la Corée du Nord, mais aucune de ces stratégies n’a produit de résultats rapides. La Maison-Blanche avait déjà menacé de mener des actions unilatérales, bien que les responsables de l’administration n’aient pas statué sur les prochaines actions.

Un point de non-retour?

Patrick Cronin, un expert de l’Asie au sein du groupe américain Center for a New American Security, a dit croire que M. Trump en arrivait probablement «à un point de non-retour» avec la Corée du Nord, disant que le pays «irait à la table diplomatique avec Kim Jong-un ou poserait certains gestes». Ces deux approches seront probablement combinées, a-t-il ajouté.

La Chine résiste depuis longtemps à intensifier la pression économique sur la Corée du Nord, pays voisin, en partie par crainte de l’instabilité qui pourrait grimper aux portes de son territoire, et M. Trump n’a pas trouvé le moyen de briser les vieilles habitudes de Pékin.

La Chine et la Russie ont publié un communiqué commun dans la foulée du nouveau tir de missile, dans lequel les deux pays proposent que la Corée du Nord déclare un moratoire sur les essais nucléaires et les tirs de missiles balistiques et que les États-Unis et la Corée du Sud évitent les exercices militaires de grande ampleur. La Maison-Blanche n’avait pas répondu dans l’immédiat.

Pyongyang affirme que le missile Hwasong-14 s’est élevé à une altitude de 2802 kilomètres et a parcouru une distance de 933 kilomètres en 39 minutes avant de tomber dans la mer.

L’armée américaine a déclaré avoir suivi pendant 37 minutes un missile dont la trajectoire s’est terminée dans la mer du Japon.

Lundi soir, le président Trump s’était tourné vers Twitter pour réagir au plus récent tir de missile de la Corée du Nord et pour critiquer le leader nord-coréen Kim Jong-un.

Le président américain s’est demandé «si ce gars [Kim Jong-un] avait mieux à faire dans sa vie?».

Donald Trump a aussi écrit sur Twitter «qu’il est difficile de croire que la Corée du Sud et le Japon vont accepter cette situation encore longtemps».

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