Greg Armfield Greg Armfield / The Associated Press

JOHANNESBOURG, Afrique du Sud — Un projet de barrage hydroélectrique en Tanzanie pourrait causer des torts irréparables à la réserve de gibier de Sélous, un site inscrit au patrimoine mondial de l’Unesco et qui, selon l’ONU, constitue la plus grande zone de forêt vierge d’Afrique, affirment des écologistes.

Le président tanzanien John Magufuli a prévenu il y a quelques jours que le projet de la gorge Stiegler irait de l’avant coûte que coûte. Un rapport publié mardi par le Fonds mondial pour la nature (WWF) prévient toutefois que le barrage menacera des terres humides importantes ainsi que quelque 200 000 personnes qui habitent des secteurs défavorisés en aval et qui dépendent de la pêche.

La réserve de Sélous couvre environ 50 000 kilomètres carrés. Elle est menacée par des braconniers qui en ont décimé la population d’éléphants pour alimenter le marché illégal de l’ivoire. Des concessions minières et d’autres projets industriels inquiètent aussi, alors que la campagne de ce pays d’Afrique de l’Est pour stimuler son économie entre en conflit avec les efforts internationaux pour protéger son environnement.

M. Magufuli a déclaré samedi que le barrage et son réservoir ne recouvriraient que 3 pour cent de la réserve.

Les écologistes préviennent toutefois que l’impact négatif du projet pourrait être beaucoup plus important, notamment en sectionnant les routes migratoires. Le WWF a réclamé une évaluation environnementale, en respect avec la loi tanzanienne, et demande au gouvernement d’envisager d’autres options pour générer de l’électricité.

Le ministre du Tourisme Jumanne Maghembe a dit à l’Associated Press que la Tanzanie est un pays en voie de développement qui doit utiliser ses ressources naturelles pour transformer son économie.

Il a ajouté que le projet de barrage ne fera pas disparaître la réserve de Sélous, puisque le gouvernement consacre 38 pour cent de la superficie du pays à la protection de l’environnement.

Le projet de la gorge Stiegler est débattu depuis des décennies. Une fois complété, le barrage gonflerait la production hydroélectrique de la Tanzanie à 4000 mégawatts, contre 1450 mégawatts actuellement.

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