Jason Patinkin Jason Patinkin / The Associated Press

JUBA, Soudan du Sud — Pour une deuxième année consécutive, le plus jeune pays du monde ne célébrera pas son anniversaire en raison de la guerre civile qui y fait rage.

Le président du Soudan du Sud, Salva Kiir, a annoncé dimanche qu’il ne jugeait pas «approprié» d’investir «le peu de fonds» dont le gouvernement dispose, tandis qu’une bonne partie de la population peine à se nourrir tous les jours.

Six ans après son indépendance, le pays est ravagé par les combats, par la faim et par les déplacements massifs, tandis que le gouvernement comme l’opposition font l’objet d’allégations de crimes de guerre.

Depuis que la guerre a éclaté, quatre millions de Sud-Soudanais — pour la plupart des enfants — ont dû abandonner leur maison, indique le Conseil norvégien pour les réfugiés.

Des quelque 11 millions d’habitants, la moitié requiert de l’aide alimentaire et près de deux millions d’entre eux ont trouvé refuge dans les pays avoisinants.

Pour la population, ce jour qui inspirait autrefois l’optimisme en est devenu un de deuil.

Le 9 juillet 2011, Martha Athieng avait abattu un taureau et dancé à travers son village avec sa famille et ses amis.

«Nous nous espérions tous une vie meilleure, raconte-t-elle. Nous ne savions pas qu’on allait commencer à s’entretuer.»

La guerre lui a enlevé son mari et sa belle-mère.

En s’adressant à la nation dimanche, le président a exhorté tous les groupes armés à respecter le cessez-le-feu, déclaré unilatéralement par le gouvernement plus tôt cette année. Or, des allégations veulent que les forces gouvernementales n’ont pas pour autant interrompu les affrontements.

Le président Kiir a également réclamé le soutien de la communauté internationale pour le processus de dialogue national, auquel il a octroyé 200 millions $ US. Selon le professeur de politique comparée de l’Université de Juba, Jacob Chol, il s’agit toutefois d’un «jeu politique» pour que le président «se sente en contrôle».

«Je ne serais pas surpris si rien ne change», déplore-t-il.

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