AP Christopher Wray

WASHINGTON — L’homme choisi par Donald Trump pour diriger la police fédérale américaine, Christopher Wray, a déclaré mercredi que le procureur spécial qui enquête sur les liens présumés entre la Russie et la campagne présidentielle de M. Trump ne se livre pas à une «chasse aux sorcières», prenant ainsi ses distances avec la position du président dans ce dossier explosif.

M. Wray est un ancien haut responsable du département de la Justice. M. Trump l’a choisi le mois dernier pour remplacer James Comey à la tête du FBI.

L’avocat a déclaré au comité sénatorial qui étudie sa candidature qu’il ne tolérerait jamais que des considérations politiques interfèrent avec la mission du FBI.

Le travail du FBI sera dirigé uniquement par «les faits, la loi et la poursuite impartiale de la justice», a-t-il dit afin d’établir son indépendance. M. Wray a ajouté que sa carrière avait toujours été guidée par sa loyauté envers la Constitution et la primauté du droit, et qu’il n’avait pas l’intention de dévier de cette ligne de conduite.

M. Trump a fréquemment qualifiée de «canular» et de «chasse aux sorcières» l’enquête de Robert Mueller — lui aussi un ancien patron du FBI — sur une éventuelle collusion entre la campagne Trump et le Kremlin.

M. Wray a prévenu qu’il jugerait «inacceptable» toute tentative d’interférence avec l’enquête de M. Mueller.

L’homme de 50 ans a aussi déclaré que la torture est mauvaise et inefficace. «Le FBI ne jouera aucun rôle dans l’usage de techniques de ce genre», a-t-il affirmé.

Plusieurs politiciens, avocats et agents du FBI qui connaissent M. Wray estiment qu’il est «l’homme de la situation». Ils décrivent un homme droit, imperméable aux pressions politiques et doté d’un sens moral infaillible.

Les réponses de M. Wray ont semblé satisfaire tant les démocrates que les républicains au sein du comité sénatorial, plusieurs ayant signalé leur appui au candidat.

Style rigoureux et profil bas

M. Wray hériterait de la direction du FBI en des temps particulièrement difficiles étant donné le congédiement abrupt par M. Trump de James Comey, qui était admiré au sein du bureau. Tout de même, l’audience, la première fenêtre publique sur les vues du nouveau directeur potentiel, a été largement exempte de déclarations-chocs, conformément à son style rigoureux et son profil bas décrit par ses proches.

Son approche réservée pourrait bien lui servir alors que le travail de l’agence s’est retrouvé ces derniers temps au coeur d’une tempête politique.

Les échanges avec les législateurs se sont attardés largement sur l’enquête concernant la Russie, M. Wray exprimant à répétition son respect pour Robert Mueller, l’ancien directeur du FBI désigné en mai comme procureur spécial pour superviser l’enquête.

«Je ne considère pas que le directeur Mueller est dans une chasse aux sorcières», a-t-il affirmé en réponse à une question du sénateur républicain Lindsey Graham, de la Caroline du Sud.

M. Wray a aussi déclaré qu’il n’avait aucune raison de douter de l’analyse des agences du renseignement selon laquelle la Russie est intervenue dans l’élection présidentielle de 2016 aux États-Unis par l’entremise de piratage informatique, une conclusion écartée du revers de la main par M. Trump.

Lorsque questionné sur les courriels dévoilés la veille montrant que le fils aîné du président Trump était prêt à accepter l’aide de la Russie durant la campagne présidentielle, M. Wray a déclaré que toute tentative étrangère de s’ingérer dans une élection américaine devrait être signalée au FBI plutôt que d’être acceptée.

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