Eraldo Peres Eraldo Peres / The Associated Press

RIO DE JANEIRO — L’ex-président brésilien Luiz Inacio Lula da Silva a été reconnu coupable de corruption et de blanchiment d’argent, mercredi, et condamné à neuf ans et demi de prison, la condamnation la plus remarquable dans le cadre d’une vaste enquête qui mené à l’emprisonnement de dizaines de membres de l’élite brésilienne.

Celui que les Brésiliens surnomment «Lula» demeurera toutefois en liberté pendant que sa condamnation est portée en appel.

Une telle décision du juge fédéral Sergio Moro était largement attendue, et ce, même par l’équipe de défense de Luiz Inacio Lula da Silva.

Le leader charismatique, ancien «président des pauvres», avait quitté la présidence du Brésil à la fin 2010, alors qu’il bénéficiait d’un taux de popularité exceptionnel.

Il devient ainsi le premier ex-président a être reconnu coupable dans un processus judiciaire, du moins depuis que la démocratie a été réinstaurée au Brésil dans les années 1980.

Le premier dirigeant brésilien issu de la classe ouvrière continue d’être adoré par plusieurs, tant pour ses politiques économiques que son rôle dans la lutte pour la démocratie durant la dictature.

L’ex-leader syndical était en tête des sondages en vue de l’élection présidentielle de l’an prochain.

Luiz Inacio Lula da Silva était accusé d’avoir accepté un appartement en bord de mer de la firme de construction OAS en guise de pot-de-vin. Les procureurs allèguent aussi que OAS a effectué des réparations dans l’appartement et a payé pour l’entreposage des effets personnels de «Lula». Celui-ci affirme que les accusations ne sont pas fondées.

Cette affaire s’inscrit dans le cadre d’un vaste scandale de corruption qui a ébranlé la scène politique brésilienne et envoyé aussi bien des élus que des gens d’affaires derrière les barreaux.

Le président Michel Temer a aussi été accusé relativement à cette affaire.

Luiz Inacio Lula da Silva fait en outre face à des accusations dans quatre autres dossiers.

«Cette condamnation n’apporte aucune satisfaction personnelle à ce juge. Au contraire, il est regrettable qu’un ancien président soit reconnu coupable au criminel», a écrit le juge Moro dans sa décision. «Cela importe peu que vous soyez haut placé, la loi sera encore au-dessus de vous.»

Le juge a expliqué qu’il n’avait pas ordonné l’arrestation immédiate de Lula parce que la condamnation d’un ancien président est une affaire si sérieuse que l’appel devrait d’abord être entendu.

«Cela rend la situation de Lula bien pire étant donné qu’il s’agit de bien plus qu’une simple enquête», a dit un professeur de sciences politiques de l’Université Fundacao Getulio Vargas, Claudio Couto.

«Mais maintenant, il fera quelque chose qu’il aime: jusqu’à ce que la décision en appel soit rendue, il ralliera le soutien de ses alliés et partisans contre une décision qui est controversée.»

Le dossier sera maintenant examiné par un groupe de magistrats. S’ils maintiennent sa condamnation, Lula pourrait se faire interdire de briguer la présidence, comme le prévoit la loi brésilienne.

L’ex-président n’avait pas répondu, dans l’immédiat, aux demandes d’entrevue, mais son ancienne formation politique, le Parti des travailleurs, a vivement critiqué le jugement.

«La condamnation de l’ex-président Luiz Inacio Lula da Silva représente une attaque contre la démocratie et la Constitution», a déclaré le parti par communiqué.

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