Felipe Dana Felipe Dana / The Associated Press

IRBIL, Irak — Deux vidéos qui circulent en ligne montreraient les exactions perpétrées par les forces irakiennes contre des membres présumés de Daech (le groupe armé État islamique) après la chute de la ville de Mossoul.

Les images vues par l’Associated Press ont été mises en ligne sur Facebook cette semaine, après que le premier ministre irakien Haider al-Abadi eut proclamé une «victoire totale» à Mossoul.

L’authenticité des vidéos n’a pu être établie et des dirigeants civils et militaires irakiens n’ont pas immédiatement répondu à une demande de commentaires. Les images ont toutefois été publiées sur des pages qui appuient l’armée irakienne et qui en reprennent régulièrement les annonces, même si elles ne prétendent pas avoir de lien direct avec l’armée.

Dans une vidéo, on voit des soldats injuriant et battant plusieurs hommes — apparemment des djihadistes capturés — dans une salle. La chemise d’un homme est éclaboussée de sang frais. Plusieurs autres sont traînés hors de la pièce.

Un soldat pointe en direction d’un homme recroquevillé dans un coin et demande s’il est membre de Daech. L’homme est alors traîné jusqu’à l’extérieur, et la caméra l’accompagne.

Les soldats amènent l’homme au sommet d’un mur qui surplombe le fleuve Tigre. D’autres soldats tirent sur les corps de deux hommes qui ont déjà été jetés au sol, plus bas. Les soldats poussent alors leur captif dans le vide et tire sur son corps.

En arrière-scène, on voit d’autres soldats mitrailler le corps d’un homme allongé au sol.

La deuxième vidéo montre un homme portant un uniforme militaire irakien qui abat un autre homme agenouillé devant une voiture. Les balles soulèvent des nuages de poussière en frappant le sol.

Deux autres vidéos dénoncées par Human Rights Watch montrent des membres des forces de l’ordre malmenant des suspects. Une représentante de HRW a expliqué que «le silence de Bagdad» face à ces exactions ne fait que «renforcer le sentiment d’impunité des forces armées à Mossoul».

HRW a aussi dénoncé jeudi que les forces irakiennes aient contraint des dizaines de femmes et d’enfants qui seraient des proches de Daech à se déplacer vers un camp de tentes près de Mossoul. Les autorités irakiennes affirment qu’il s’agit d’un camp de «réhabilitation» à l’intention des familles présumées des djihadistes.

Le camp se trouve à Bartella, à environ 20 kilomètres à l’est de Mossoul, et accueille quelque 170 familles. Il s’agit principalement de femmes et d’enfants qui habitaient l’ouest de Mossoul, où les derniers combats se sont déroulés avant que la ville ne soit finalement «libérée» plus tôt cette semaine, selon le groupe new-yorkais de défense des droits de la personne.

HRW a rencontré certaines familles qui ont affirmé avoir été déplacées vers le camp contre leur gré puisqu’on les soupçonne de liens avec Daech.

Une représentante du groupe au Moyen-Orient, Lama Fakih, a prévenu qu’il s’agit de «crimes de guerre» qui minent la réconciliation dans les secteurs repris à Daech.

Au moins dix femmes et enfants seraient morts au camp ou en s’y rendant, principalement de déshydratation.

Des responsables irakiens ont dit à HRW qu’un comité rencontrera les familles pour permettre à celles n’ayant aucun lien avec Daech de s’en aller.

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