Giannis Papanikos Giannis Papanikos / The Associated Press

ISTAMBOUL — Le principal parti de l’opposition en Turquie accuse le gouvernement d’utiliser l’état d’urgence imposé depuis le putsch raté de l’été dernier pour cacher la vérité sur cette tentative de coup d’État.

Le porte-parole du Parti républicain du peuple, Bulent Tezcan, maintient que le régime du président Recep Tayyip Erdogan a profité du premier anniversaire du putsch avorté, samedi, pour «écrire une histoire inventée».

Le gouvernement prétend que l’imam Fethullah Gülen a orchestré l’opération pour le renverser. Ce dernier, établi aux États-Unis, nie ces allégations.

Fethullah Gülen était auparavant un allié du président, mais depuis une querelle survenue en 2013, M. Erdogan présente son mouvement comme une organisation terroriste.

Selon M. Tezcan, le gouvernement empêche la mise en branle d’une enquête approfondie sur l’affaire. Il s’interroge sur la manière par laquelle les comploteurs ont pu infiltrer l’appareil étatique.

Le législateur réclame qu’on fasse «ressortir les faits» à la mémoire des 250 personnes mortes en se dressant contre les militaires derrière le coup.

Sous l’état d’urgence en vigueur depuis le 20 juillet 2016, le gouvernement a procédé à plus de 50 000 arrestations et au licenciement de quelque 110 000 fonctionnaires. Il justifie cette vague de répression en disant purger ses institutions de «traîtres».

Samedi, le président Erdogan a qualifié les accusations du Parti républicain du peuple d’immorales et a accusé le chef de la formation de se rallier à Fethullah Gülen et ses partisans ainsi qu’à d’autres organisations terroristes.

La main de l’Europe, toujours tendue
Plus tôt samedi, le président turc avait déclaré qu’il appuierait un éventuel projet de loi pour rétablir la peine de mort.

Le président de la Commission européenne, Jean-Claude Juncker, a réagi à ces propos par un texte paru dans le journal allemand Bild am Sonntag. Il a invité la Turquie à se rapprocher de l’Europe au lieu d’en prendre ses distances.

Les négociations pour faire entrer le pays dans l’Union européenne sont au point mort, après 12 ans de discussions.

M. Juncker a réitéré que l’importance de la stabilité, de la prospérité et de la démocratie en Turquie aux yeux de l’UE, qui consiste selon lui en une «union de valeurs».

Il a insisté sur le fait que la réinstauration de la peine capitale écarterait la possibilité de son adhésion.

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