AP Photo/Ariana Cubillos

CARACAS, Venezuela — Le président américain Donald Trump a menacé lundi le gouvernement du Venezuela d’actions économiques «robustes et rapides» si le parti au pouvoir va de l’avant avec son plan de réécrire la Constitution du pays.

Dans une déclaration très ferme, le président a noté que «les États-Unis ne resteront pas les bras croisés pendant que le Venezuela s’écroule».

Il a ajouté que «si le régime (du président Nicolas) Maduro impose son assemblée constituante le 30 juillet, les États-Unis prendront des actions économiques rapides et robustes».

M. Trump a qualifié le président Maduro de «mauvais chef d’État qui aspire à devenir un dictateur».

La tension continue aussi de monter du côté de l’opposition à Maduro au Venezuela.

Lundi, les opposants du président Maduro ont appelé à une grève générale de 24 heures pour augmenter la pression sur le gouvernement socialiste après que plus de sept millions d’électeurs eurent pris part la veille à un référendum symbolique sur le projet de réforme constitutionnelle du régime et la consolidation de la mainmise du parti au pouvoir.

Le pays a été miné par des pénuries et une inflation monstre et a été déchiré par plus de 100 jours d’affrontements entre des protestataires et la police, qui ont déjà fait 93 morts et 1500 blessés.

Si certains Vénézuéliens n’ont pas caché leur déception face à la mobilisation de dimanche — qu’ils espéraient plus imposante —, les dirigeants de l’opposition ont tenu à souligner que seuls 2000 bureaux de vote avaient pu être installés en raison de la nature symbolique du scrutin.

Lors des élections législatives de 2015, l’opposition avait récolté 7,7 millions de voix. Ce pays d’Amérique du Sud compte plus de 30 millions d’habitants, dont environ 19 millions d’électeurs.

David Smilde, un expert de l’Université de Tulane, aux États-Unis, estime néanmoins que cette consultation non officielle ralliera la communauté internationale contre le projet de réécriture de la Constitution de 1999.

L’opposition croit par ailleurs que le vote du 30 juillet pour élire une assemblée constituante sera truqué de sorte à élire des représentants loyaux envers le gouvernement et consolider la mainmise sur le pouvoir de M. Maduro par la création d’un système similaire à celui de Cuba.

Les partis d’opposition planifient ainsi signer une déclaration appelant à la formation d’un gouvernement parallèle, une étape vers le rejet total de l’autorité gouvernementale.

Les tensions demeurent vives dans le pays, et l’appel aux urnes de dimanche n’a pas fait exception.

Une dame de 61 ans a été tuée et quatre autres personnes ont été blessées par balle lorsque des partisans du régime ont fait irruption dans un bureau de vote de la capitale, Caracas.

Dimanche, la ministre canadienne des Affaires étrangères, Chrystia Freeland, a félicité le peuple vénézuélien «d’avoir exercé son droit démocratique».

«Le Canada exhorte le gouvernement du Venezuela à renoncer à l’assemblée nationale constituante et à amorcer des négociations avec l’opposition afin de rétablir l’ordre constitutionnel de manière à mettre l’accent sur les préoccupations légitimes du peuple vénézuélien», a-t-elle déclaré par communiqué.

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