The Associated Press Luisa Ortega Diaz.

CARACAS, Venezuela — Le bureau de la procureure générale du Venezuela était entouré par les forces de sécurité, samedi, en vue d’une séance de la nouvelle assemblée constituante qui envisage d’évincer Luisa Ortega Diaz, une détractrice du régime.

La procureure générale a dénoncé un «siège» sur Twitter, publiant des photos où l’on peut apercevoir plusieurs dizaines de gardes nationaux en tenue antiémeute devant son bureau, à Caracas. L’accès à l’immeuble où se trouve son quartier général a été complètement bloqué.

La procureure, qui ne se trouvait pas dans le bâtiment, affirme que les gardes l’ont poussée pour l’empêcher d’y accéder.

La direction de l’Organisation des États américains (OEA) a décrié une «violation flagrante» de l’indépendance institutionnelle de la procureure.

Jeudi, Luisa Ortega Diaz, auparavant sympathisante de l’ex-président Hugo Chavez, avait demandé aux tribunaux de bloquer la mise en place de l’assemblée constituante. Elle a été déboutée le lendemain.

L’assemblée s’est engagée à agir rapidement pour contrecarrer les opposants du président Nicolas Maduro, alors que ses membres se réuniront pour une deuxième fois samedi.

«Ne pensez pas que nous allons attendre des semaines, des mois ou des années», avait lancé la veille Delcy Rodriguez, après avoir été élue à l’unanimité présidente de l’instance de 545 délégués. «Demain, nous commençons à agir. Les fascistes violents, ceux qui mènent une guerre économique contre le peuple, ceux qui mènent une guerre psychologique, la justice vous rattrapera.»

L’assemblée constituante a été instaurée malgré les virulentes critiques de l’opposition, des États-Unis et d’autres pays qui craignent que l’instance ne constitue un outil pour imposer une dictature. Ses partisans objectent qu’elle rétablira la paix au pays, secoué depuis des mois par des manifestations qui ont fait au moins 120 morts.

Le président Maduro accuse Washington et ses alliés de mener une campagne mensongère pour s’approprier l’«immense richesse pétrolière» du Venezuela. Il les a accuser d’«aboyer des ordres, traitant des dirigeants comme leurs domestiques».

Le président Maduro s’est engagé à ce que la révision de la constitution retire aux législateurs de l’opposition leur immunité judiciaire.

Dans les derniers jours, plusieurs militants de l’opposition ont été emprisonnés et d’autres chercheraient à s’exiler.

Seulement quelques centaines de protestataires ont manifesté la veille — un des plus faibles niveaux de participation depuis des mois.

L’assemblée constituante est formée de délégués issus de divers secteurs progouvernementaux, dont des syndicalistes, des étudiants et même des personnes handicapées. On s’attend toutefois à ce que des loyalistes notoires déterminent le programme de l’assemblée, dont la femme et le fils du président, de même que plusieurs ministres qui ont remis leur démission pour y siéger.

Elle aura de vastes pouvoirs, lui permettant de mettre la hache dans des institutions et en théorie, d’écarter M. Maduro du pouvoir. Une de ses premières tâches pourrait être de fermer le Congrès, contrôlé par l’opposition, ou d’évincer Mme Ortega Luiz.

La procureure générale avait ordonné la tenue d’une enquête sur le possible truquage du scrutin du 30 septembre. Le chef de la direction de Smartmatic avait signalé mercredi que les résultats enregistrés par son entreprise et ceux rapportés par le Conseil électoral national présentaient un écart d’au moins un million de voix.

Aussi dans Monde :

Nous sommes présentement en train de tester une nouvelle plateforme de commentaires sur notre site web. Grâce à Facebook Comments, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!