The Associated Press Un manifestant anti-Maduro et sa fille, le 4 août à Caracas

CARACAS, Venezuela — L’opposition au Venezuela a appelé à une manifestation à l’échelle du pays, mardi, contre le gouvernement du président socialiste Nicolas Maduro.

Les législateurs exhortent les Vénézuéliens à abandonner leur domicile ou leur lieu de travail en milieu de journée pour bloquer la circulation dans les rues et paralyser les activités.

L’opposition a du mal à donner un autre souffle au mouvement contre le président Maduro depuis la mise en vigueur la semaine dernière d’une assemblée extraordinaire devant réécrire la Constitution. La participation à une marche contre le gouvernement vendredi a été l’une des plus faibles en quatre mois d’un conflit meurtrier.

Tout de même, l’opposant Juan Requenses a dit croire qu’il faudrait peu de temps pour mobiliser de nouveau les forces vives contre l’administration Maduro.

Lundi, l’Assemblée nationale contrôlée par l’opposition au Venezuela a dit refuser de reconnaître les décrets adoptés par la nouvelle et puissante Assemblée constituante créée par le président Nicolas Maduro.

Lors d’un vote, l’Assemblée nationale a décidé unanimement de désavouer les décisions de l’Assemblée constituante de chasser la procureure générale Luisa Ortega Diaz et de créer une «commission de la vérité» qui doit traduire en justice les personnes soupçonnées d’avoir alimenté le soulèvement politique.

Le président Maduro a affirmé que la nouvelle commission réclamerait des comptes aux leaders de l’opposition pour les troubles politiques qui déstabilisent le Venezuela.

L’opposante Delsa Solorzano a dit croire que l’objectif de la «commission de la vérité» est de «persécuter ceux qui ont des opinions divergentes» du régime Maduro.

Les factions d’opposants et de Vénézuéliens fidèles au président Nicolas Maduro s’accrochent aux pouvoirs qui leur sont dévolus par des assemblées distinctes.

Le nouveau procureur général Tarek William Saab, qui a remplacé Mme Ortega Diaz, a détaillé ses plans pour restructurer le ministère public, tandis l’Assemblée nationale contrôlée par l’opposition a promis de continuer à se réunir dans l’édifice du parlement — à courte distance à pied de l’endroit où doit se tenir la prochaine réunion, mardi, de la puissante Assemblée constituante voulue par M. Maduro.

Le président de l’Assemblée nationale, Julio Borges, a affirmé à ses collègues qu’ils devraient maintenir une présence active dans le palais législatif, malgré les menaces de l’Assemblée constituante d’un retrait rapide de toute autorité des opposants et de l’emprisonnement de leaders clés. M. Borges a qualifié l’édifice, avec sa coupole dorée, de «symbole de la souveraineté populaire».

Deux assemblées parallèles

En théorie, l’Assemblée nationale et l’Assemblée constituante progouvernementale peuvent gouverner de manière simultanée, mais cette dernière — une nouvelle entité créée par l’entremise d’un référendum le 30 juillet largement condamné à l’international — a l’autorité d’éclipser tout autre ordre de gouvernement.

Depuis son entrée en fonction, vendredi, l’Assemblée constituante a indiqué qu’elle agirait rapidement en réponse aux ordres du président Maduro, qui incluent l’élimination de l’immunité constitutionnelle des législateurs.

Diosdado Cabello, un membre de l’Assemblée constituante et un leader du Parti socialiste, a affirmé que la nouvelle entité serait en fonction pour «au moins deux ans». Il a défendu ses premiers décrets.

Les autorités vénézuéliennes poursuivent par ailleurs la recherche de dix hommes qui auraient participé à une attaque contre une base militaire et qui se seraient enfuis avec des stocks d’armes.

L’ancien capitaine de la garde nationale Juan Carlos Caguaripano figure parmi les personnes recherchées par les militaires. On peut le voir dans une vidéo dévoilée le jour de l’attaque alors qu’il encourage d’autres unités militaires à se joindre à la rébellion.

Les autorités tentent de mettre la main sur M. Caguaripano depuis 2014 après qu’il eut été accusé de complot pour renverser le président Maduro.

Dimanche, un groupe de 20 combattants opposés au régime Maduro a pris d’assaut une base militaire, dans ce qui aurait été une tentative de coup d’État selon le président.

Des soldats ont affronté pendant trois heures un petit groupe de mutins qui auraient tenté de s’infiltrer dans une base de l’armée vénézuélienne.

Les troupes fidèles au régime en place ont tué deux des mutins, et en ont capturé huit autres. Dix hommes sont parvenus à s’échapper, a raconté le controversé dirigeant vénézuélien lors de sa déclaration hebdomadaire sur les ondes de la télévision d’État.

«Nous savons où ils se dirigent. Toutes nos forces militaires et policières sont déployées», a-t-il dit.

M. Maduro a ajouté qu’il réclamerait «la peine maximale pour ceux qui ont participé à cette attaque terroriste».

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