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NAIROBI, Kenya — La situation a tourné au vinaigre au Kenya mercredi, dans la foulée du scrutin présidentiel de la veille.

Des manifestations violentes ont éclaté dans la capitale et ailleurs quand l’opposant Raila Odinga a prétendu que des pirates informatiques ont utilisé l’identité d’un responsable assassiné pour infiltrer les systèmes de la commission électorale centrale et truquer les résultats de l’élection.

Peu de temps après que M. Odinga eut pris la parole à la télévision, des manifestants en colère sont descendus dans les rues des bidonvilles de Nairobi et de Kisumu, un bastion de l’opposition dans le sud-ouest du pays. Ils ont érigé des barricades et incendié des pneus dans les rues, donnant lieu à des affrontements avec les forces de l’ordre, selon des témoins.

Deux pillards qui tentaient de profiter de la situation ont été abattus, selon le chef de la police de Nairobi. Un photographe de l’Associated Press rapporte qu’un des deux hommes a été tué d’une balle à la tête.

Tôt mercredi matin, des policiers avaient ouvert le feu contre d’autres manifestants qui dénonçaient eux aussi le déroulement du scrutin dans un autre fief de l’opposition, faisant un mort. La fusillade a éclaté dans la circonscription de Mugirango-Sud, dans le comté de Kisii.

Après le dépouillement de pratiquement tous les votes, le président sortant Uhuru Kenyatta détient une avance confortable face à M. Odinga et semble en voie d’obtenir un deuxième et dernier mandat.

Le scrutin de 2013 s’était déroulé dans le calme, mais celui de 2007 avait donné lieu à des violences essentiellement ethniques qui avaient fait un millier de morts. M. Kenyatta avait devancé M. Odinga par une marge infime en 2013. M. Odinga avait à ce moment aussi dénoncé une fraude présumée, mais la Cour suprême avait éventuellement rejeté ses allégations.

M. Odinga, un ancien premier ministre, affirme que la formation politique de M. Kenyatta est responsable du piratage informatique.

«La fraude perpétrée par (le parti du président) à l’endroit des Kényans surpasse toute autre fraude électorale dans l’histoire de notre pays. Mais cette fois nous les avons surpris en flagrant délit», a lancé M. Odinga. Il a ensuite mis en ligne sur Facebook des documents qui, selon lui, prouvent ses allégations.

Le candidat prétend que les pirates ont utilisé l’identité de Christopher Msando, un officiel électoral responsable des systèmes de technologies de l’information. Des dirigeants ont annoncé le 31 juillet que M. Msando avait été torturé et tué, inquiétant les Kényans qui redoutaient une nouvelle vague de violence ethnique.

M. Msando avait cherché à rassurer les électeurs que l’intégrité du vote serait respectée.

La commission électorale kényane a promis d’enquêter sur les allégations de M. Odinga.

Après le dépouillement de près de 39 320 des 40 883 bureaux de scrutin, M. Kenyatta récoltait 54,35 pour cent des votes, contre 44,77 pour cent pour son rival.

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