NAIROBI, Kenya — Les policiers kényans ont ouvert le feu sur des émeutiers et usé de gaz lacrymogènes contre un convoi de l’opposition, samedi, au lendemain de l’annonce de la victoire électorale du président sortant Uhuru Kenyatta.

Depuis le scrutin de mardi, 24 personnes seraient tombées sous les balles des policiers.

Les manifestations, souvent violentes, ont été déclenchées lorsque le candidat adverse, Raila Odinga, a dénoncé une fraude électorale.

Les bidonvilles de Mathare et de Kibera, dans la capitale, de même que la ville de Kisumu, un bastion de M. Odinga, ont sombré dans le chaos. Le calme régnait ailleurs au pays, et certains des 45 millions de Kényans ont même célébré la victoire de M. Kenyatta, qui a décroché un second mandat à la tête du pays.

Selon le commissaire de police Leonard Katana, les policiers ont tué deux émeutiers et en blessé cinq autres en banlieue de la ville de Kisumu.

Un responsable de la morgue de Nairobi affirme que neuf corps criblés de balles y ont été amenés en provenance d’un quartier de sympathisants de Raila Odinga.

Le gouvernement fait état d’un retour à la normale et prétend que les protestataires ne sont que des pilleurs.

Or, la Commission nationale des droits de la personne, qui surveille les institutions gouvernementales, a réprimandé le recours «illicite et inacceptable» de la police à la force excessive.

La Croix-Rouge kényane dit être venue en aide à 93 blessés depuis l’annonce des résultats de l’élection, vendredi.

Dans certains taudis de Nairobi, les policiers ont ouvert le feu pour disperser les manifestants qui bloquaient des routes et érigeaient des barricades enflammées. Une fillette de neuf ans serait morte après avoir été atteinte par une balle perdue.

Selon des témoins, les policiers s’en sont d’ailleurs pris à au moins quatre journalistes qui couvraient les émeutes.

M. Kenyatta, dont le père avait été le premier président du pays depuis l’obtention de son indépendance, a remporté le scrutin de mardi avec 54 pour cent des voix, contre 45 pour cent pour Odinga.

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