AP Photo/ Alain Didier Compaor√ En tout, 18 personnes sont mortes lors de l’attaque contre un restaurant turc de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso.

Malgré l’attaque meurtrière survenue dimanche soir à Ouagadougou, au Burkina Faso, le pays demeure relativement stable et sécuritaire, a assuré Odette McCarthy, directrice du programme humanitaire Uniterra, dont l’un des volontaires fait partie des deux victimes canadiennes.

Bilel Diffalah, un Canadien d’origine algérienne qui travaillait pour le programme commun du Centre d’études et de coopération internationale (CECI) et de l’Entraide universitaire mondiale du Canada (EUMC), a perdu la vie, ont annoncé les organismes dans un communiqué lundi soir.

M. Diffalah, un médecin vétérinaire de formation, était en poste depuis novembre 2016 à titre de conseiller en hygiène et biosécurité. Il vivait à Montréal depuis cinq ans lorsqu’il a commencé à s’engager auprès de l’organisme, a indiqué Mme McCarthy en entrevue téléphonique.

Elle l’a décrit comme un homme «sympathique et joyeux» qui était déterminé à faire une différence au Burkina Faso.

Malgré ce triste événement, Mme McCarthy estime que le Burkina Faso est dans une situation «relativement stable», rappelant qu’il y a en ce moment un gouvernement stable et qu’il n’y a pas de guerre au pays.

Elle a toutefois reconnu que l’instabilité de la région du Sahel, dont font partie notamment le Burkina Faso, le Mali et le Niger, pouvait avoir des conséquences sur le pays.

«Le Burkina Faso reste un pays avec un gouvernement stable avec une capacité locale pour répondre rapidement à des situations extraordinaires comme celle-là», a-t-elle soutenu.

Mme McCarthy a ajouté que dans les 18 derniers mois, les autorités avaient rehaussé périodiquement le niveau d’alerte au pays, ce qui avait amené les organismes de coopération à resserrer la sécurité autour de ses volontaires.

Décès d’une diplômée de McGill

Le ministère des Affaires étrangères du Canada a seulement confirmé l’identité de l’autre victime canadienne. Il s’agit de Tammy Chen, une résidante de l’Ontario.

Mme Chen était diplômée en éducation de l’Université McGill, à Montréal, et de l’Université Queen’s, en Ontario, puis elle avait entrepris des études de doctorat en développement international à l’Université de Cambridge, en Angleterre. Sa thèse portait sur l’expérience de la pauvreté chronique auprès des femmes du Burkina Faso.

Mme Chen avait reçu une bourse du Canadian Centennial Scholarship Fund (CCSF), qui soutient les Canadiens qui étudient dans les écoles britanniques. Dans un article partagé par le CCSF datant de 2016, Mme Chen s’était dite dévastée par l’attentat survenu au début de l’année 2016 à Ouagadougou et qui avait tué six Québécois.

Mme Chen était également présidente et cofondatrice de l’organisation non gouvernementale canadienne Avenirs brillants du Burkina Faso.

Pendant quelques années, elle avait enseigné le français à Toronto, avant de quitter en 2013 pour faire ses études au doctorat.

La commission scolaire de Toronto s’est souvenue d’elle comme d’une femme «très passionnée, charismatique et diligente», a-t-elle dit dans un communiqué.

Un bilan qui pourrait s’alourdir

En tout, 18 personnes sont mortes lors de l’attaque contre un restaurant turc de Ouagadougou, la capitale du Burkina Faso. Au moins 22 personnes ont été blessées.

Huit victimes étaient originaires du Burkina Faso. En plus des deux Canadiens, trois victimes étaient d’origine libanaise, alors que les autres étaient du Koweït, du Sénégal, du Nigeria, de la Turquie et de la France, selon la procureure de l’État, Maïza Sérémé.

Le restaurant Aziz Istanbul, à Ouagadougou, a été attaqué par des djihadistes présumés vers 21 h, heure locale, dimanche soir. Un porte-parole du gouvernement a fait savoir quelques heures plus tard que les forces spéciales du pays ont mis fin à l’assaut.

Le ministre des Communications, Rémis Fulgance Dandjinou, a indiqué que les victimes sont «principalement des femmes et des enfants». Il a aussi prévenu que le bilan risque de s’alourdir.

Au moins trois membres des forces burkinabés ont été blessés pendant l’opération, qui a duré près de sept heures, selon un porte-parole des forces de sécurité, le capitaine Guy Yé.

Le capitaine Yé a expliqué que les assaillants ont commencé à tirer au hasard dans la foule après être arrivés à bord de motos. Les forces de sécurité se sont rendues sur place avec des blindés après avoir été informées que des coups de feu avaient été tirés près du restaurant.

C’est la deuxième fois en deux ans qu’un restaurant du Burkina Faso populaire auprès des étrangers est attaqué. Cette attaque rappelle l’attentat survenu contre un restaurant et un café à Ouagadougou en janvier 2016 qui avait coûté la vie à 30 personnes, dont six Québécois.

Personne n’a encore revendiqué la responsabilité de l’attaque. L’Aziz Istanbul est situé sur l’avenue Kwame Nkrumah, un secteur très fréquenté par les expatriés.

Situé en Afrique occidentale, le Burkina Faso est l’un des plus pauvres pays de la planète. Il partage une frontière avec le Mali, lequel est confronté à des extrémistes islamistes.

— Avec l’Associated Press

Aussi dans Monde :

Nous utilisons maintenant la plateforme de commentaires Facebook Comments sur notre site web. Grâce à celle-ci, vous pourrez laisser vos commentaires par l’entremise de votre compte Facebook directement sous les articles sur notre site web. Pour ceux qui ne sont pas membres du réseau social, nous vous invitons à faire vos commentaires via l’adresse courriel opinions@journalmetro.com. Merci de nous lire!