Jeff Roberson Jeff Roberson / The Associated Press

SAINT-LOUIS — Des manifestants bruyants ont dérangé les clients d’un centre commercial de luxe samedi soir pour ensuite marcher dans un quartier populaire fréquenté pour ses bars et ses restaurants afin de manifester leur mécontentement après l’acquittement d’un ex-policier blanc de St.Louis dans le dossier du décès par balle d’un jeune homme noir survenu en 2011.

En cette deuxième journée de manifestations, quelques centaines de personnes scandaient entre autres « Black Lives Matter » tout en décriant la décision du juge Timothy Wilson qui a acquitté l’ancien policier Jason Stockley du meurtre prémédité d’Anthony Lamar Smith en 2011.

Des actes violents isolés et quelques graffitis ont aussi été signalés.

Des centaines de personnes avaient aussi manifesté leur mécontentement, vendredi, après l’acquittement de l’ex-policier.

La police de St.Louis a indiqué samedi soir que 33 personnes avaient été arrêtées alors que 11 policiers ont été blessés et que la maison du maire Lyda Krewson avait été vandalisée lors de la manifestation de vendredi.

Le chef par intérim de la police de St.Louis, Lawrence O’Toole, a dit que 5 policiers ont dû être transportés à l’hôpital après avoir été atteints par des bouteilles ou des briques. Les 33 personnes ont été arrêtées pour différents délits, dont refus de se disperser et entrave au travail des policiers, notamment.

Ils avaient marché pacifiquement pendant plusieurs heures, vendredi, jusqu’à ce qu’une vitre soit fracassée au domicile du maire et que l’escalade des tensions force les policiers de l’escouade antiémeute à utiliser des gaz lacrymogènes pour disperser la foule.

Depuis des semaines, des activistes menacent de poser des gestes de désobéissance civile si l’ex-agent de police Jason Stockley n’est pas condamné pour le meurtre d’Anthony Lamar Smith. Ayant en mémoire les imposantes manifestations qui ont suivi le décès de Michael Brown en 2014 dans la ville voisine de Ferguson, les autorités ont érigé des barricades autour du quartier général de la police et du palais de justice en prévision du verdict.

Quelques heures à peine après l’acquittement de Jason Stockley, prononcé par le juge Timothy Wilson, une foule aux origines raciales diversifiées a pris d’assaut les rues; certaines personnes portaient légalement des armes, d’autres transportaient des enfants et brandissaient des affiches.

Plus d’une vingtaine d’arrestations ont eu lieu en début de soirée. Des manifestants ont été aspergés de poivre de cayenne à la suite d’affrontements avec les policiers. Selon le service de police de St.Louis, une dizaine d’agents ont subi des blessures et des journalistes ont été menacés par des manifestants.

Des groupes d’activistes ont annoncé qu’ils vont se réunir samedi afin de préparer de nouvelles manifestations.

Les événements de 2011

Selon le récit des événements, l’agent Jason Stockley et son partenaire avaient interpellé le jeune Anthony Lamar Smith qu’ils soupçonnaient d’avoir conclu une transaction de drogue dans un établissement de restauration rapide.

Le suspect a pris la fuite et une poursuite s’est enclenchée jusqu’à ce que le suspect subisse un accident.

Lors du procès, Jason Stockley a témoigné avoir vu le jeune homme de 24 ans tenir une arme à feu au début de la poursuite. Il a déclaré s’être senti en danger imminent au moment d’ouvrir le feu en direction d’Anthony Lamar Smith.

Selon la poursuite, l’agent Stockley aurait dissimulé une arme dans la voiture du suspect après la fusillade — l’ADN de l’agent a été retrouvé sur l’arme, mais pas celui du suspect.

Sur la vidéo enregistrée par la caméra du véhicule de police, on peut entendre Jason Stockley déclarer qu’il va «tuer ce (terme censuré)». Moins d’une minute plus tard, il a déchargé cinq balles sur Anthony Lamar Smith.

Les avocats de l’ex-policier ont soutenu que ses commentaires avaient été prononcés sur le coup des émotions.

Le juge Timothy Wilson a déclaré en cour que le tribunal ne peut pas conclure que la poursuite a prouvé au-delà de tout doute raisonnable qu’il s’agit d’un meurtre ou que l’accusé n’a pas agi en légitime défense.

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