AP Bruno Rodriguez.

WASHINGTON — Les États-Unis ont ordonné l’expulsion de 15 diplomates cubains, mardi, pour protester contre l’incapacité de Cuba à protéger les diplomates américains d’attaques inexpliquées à La Havane.

Il y a quelques jours à peine, les États-Unis et Cuba comptaient toujours des dizaines de diplomates dans des ambassades nouvellement rouvertes à La Havane et à Washington, puissants symboles d’un réchauffement des relations entre les deux pays rivaux de longue date. Désormais, les deux pays sont déterminés à réduire le personnel de leur ambassade de plus de la moitié, au moment où des attaques invisibles et inexpliquées menacent les relations délicates entre les deux rivaux de la guerre froide.

Le département d’État américain a remis à l’ambassadeur cubain, mardi, une liste de 15 noms et a ordonné leur expulsion d’ici une semaine, ont indiqué des responsables, dans un geste qui vise à «assurer l’équité» du nombre d’employés dans chacune des ambassades. La semaine dernière, les États-Unis ont annoncé qu’ils retiraient 60 pour cent de leurs propres diplomates de La Havane en raison du risque d’attaques.

Ces décisions représentent une escalade marquée de la réponse américaine aux attaques ayant débuté il y a près d’un an et qui demeurent inexpliquées malgré le fait qu’elles aient causé des problèmes de santé à au moins 22 Américains — incluant une nouvelle victime identifiée cette semaine.

Tout de même, des officiels américains ont précisé qu’ils ne croyaient pas que Cuba était directement responsable ou complice, mais plutôt que le pays avait échoué à empêcher ce qui arrive aux Américains travaillant à partir de l’ambassade américaine à La Havane.

Les États-Unis ont indiqué mardi qu’une 22e victime avait été confirmée la veille. Ces dernières semaines, le département d’État avait affirmé qu’il y avait 21 victimes «confirmées médicalement» à avoir été touchées par des attaques ayant compromis leur ouïe, leur équilibre, leur vision et leurs capacités cognitives, certaines ayant même reçu des diagnostics de troubles au cerveau.

Les enquêteurs ont exploré la possibilité d’«attaques acoustiques» touchant les diplomates par l’entremise d’ondes sonores, mais n’ont découvert aucun dispositif et n’ont pu trouver de coupables.

«Nous continuons de maintenir des relations diplomatiques avec Cuba, et nous continuerons de collaborer avec Cuba dans la poursuite de l’enquête sur ces attaques», a dit le secrétaire d’État américain, Rex Tillerson.

Cuba a fustigé la demande des États-Unis sur l’expulsion de diplomates, la qualifiant d’«irresponsable» et de «précipitée».

Bien que plusieurs membres du personnel diplomatique canadien à La Havane aient aussi été touchés cette année, le gouvernement de Justin Trudeau a adopté une approche bien différente. Ottawa a affirmé que les attaques avaient apparemment cessé et qu’il n’y avait pas eu d’incident depuis le printemps. Le gouvernement fédéral a aussi salué la coopération du gouvernement cubain dans l’enquête sur ces attaques, et a affirmé qu’il n’y avait pas de changements dans les politiques concernant Cuba.

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