Andrew Harnik / The Associated Press

WASHINGTON — Un président Donald Trump enragé et un influent sénateur républicain, qui craint que les États-Unis ne se dirigent vers le «chaos», se sont livré dimanche une virulente guerre de mots sur les médias sociaux. Une vitrine parfaite sur la profonde rupture qui affecte le Parti républicain.

Dans un discours politique qui a peut-être déjà semblé impensable, l’expert républicain au sénat en politique étrangère s’est senti obligé de répondre aux attaques de son président sur Twitter en écrivant: «C’est une honte de voir que la Maison-Blanche est devenue une garderie pour adulte. De toute évidence, quelqu’un a manqué son quart de travail ce matin.»

Plut tôt, Donald Trump avait révélé au grand jour, dans une série de messages sur Twitter, son ressentiment envers le sénateur républicain du Tennessee Bob Corker qui s’apprête à partir à la retraite.

En rafale, il a publié que Bob Corker…:

— était «grandement responsable pour le terrible» accord nucléaire avec l’Iran, un accord négocié par l’administration démocrate d’Obama et que Corker considérait comme bâclé. Le sénateur avait même tenté de forcer le président Obama à soumettre l’accord au vote du congrès.

— avait l’intention de contrecarrer les plans de la Maison-Blanche, sans offrir de preuve pour prétendre que M. Corker serait «une voix négative.»

— «avait supplié» Trump de soutenir sa campagne de réélection en 2018, avant de renoncer à demander un troisième mandat après le refus de Donald Trump, démontrant que le sénateur «n’avait pas le courage de faire campagne». L’Associated Press a rapporté que Donald Trump avait exhorté Bob Corker à faire campagne lors d’une rencontre privée en septembre. Selon le chef de cabinet de Bob Corker, Todd Womack, Donald Trump a appelé Bob Corker lundi dernier pour qu’il reconsidère sa décision de quitter le sénat. Donald Trump lui aurait reconfirmé qu’il le soutiendrait et l’aurait répété à de nombreuses reprises.

— voulait être secrétaire d’État, et que Donald Trump a répondu «Non merci». Le président a préféré l’ex-PDG d’Exxon Mobil Rex Tillerson, mais Bob Corker était aussi pressenti comme candidat.

Bob Corker a toujours été prêt à donner son opinion, même bien avant la querelle en ligne de dimanche. Son nouveau statut d’électron libre a de quoi rendre Donald Trump et le Parti républicain nerveux. Déjà, il bénéficie de beaucoup plus de marge de manoeuvre pour dire ce qu’il pense et voter comme il veut pour les 15 prochains mois, alors que le président et son parti ont de la difficulté à mettre en marche leur programme.

Les républicains détiennent une mince majorité avec 52 sièges au sénat. Seulement trois défections peuvent torpiller leurs projets de loi.

Bob Corker a déjà fait des reproches à la Maison-Blanche et au président Trump après qu’il eut miné les efforts diplomatiques de Rex Tillerson pour résoudre la crise en Corée du Nord. Il a déclaré que M. Tillerson, le secrétaire à la défense Jim Mattis et le chef de cabinet John Kelly sont ceux «qui préservent le pays du chaos».

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