Francois Mori Francois Mori / The Associated Press

PARIS — Les États-Unis ont annoncé jeudi qu’ils se retireront de l’Organisation des Nations unies pour l’éducation, la science et la culture (UNESCO), parce que Washington perçoit l’agence onusienne comme étant anti-israélienne et estime qu’elle a besoin d’une «réforme fondamentale».

Le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a annoncé qu’Israël ferait de même.

Bien que les États-Unis se préparaient à un retrait potentiel depuis des mois, le moment choisi par le département d’État pour en faire l’annonce était inattendu. L’agence établie à Paris vote pour choisir son nouveau directeur cette semaine et le candidat qatari Hamad ben Abdulaziz al-Kawari est en tête, alors que le scrutin final du conseil exécutif sera enregistré vendredi.

La directrice générale sortante de l’UNESCO, Irina Bokova, a exprimé son «profond regret» devant la décision américaine et a tenté de défendre la réputation de l’organisation.

Elle a qualifié le départ des États-Unis de perte pour la «famille des Nations unies» et pour le multilatéralisme, affirmant que les États-Unis et l’UNESCO comptaient l’un sur l’autre plus que jamais afin de combattre «l’émergence de l’extrémisme violent et du terrorisme».

Les États-Unis avaient cessé de financer l’UNESCO à la suite de la décision de l’agence d’inclure la Palestine parmi ses membres en 2011, mais le département d’État maintenait un bureau au siège de l’UNESCO à Paris et cherchait à influencer les politiques de l’agence en coulisses.

Plusieurs estiment que l’inclusion de la Palestine prouve le biais anti-israélien des Nations unies, où Israël et ses alliés sont beaucoup moins nombreux que les pays arabes et ceux qui les appuient.

Statut d’observateur permanent

Dans un communiqué, le département d’État a indiqué que le retrait entrerait en vigueur le 31 décembre 2018 et que les États-Unis chercheraient plutôt à obtenir un statut d’«observateur permanent».

Benyamin Nétanyahou a déclaré jeudi qu’Israël se retirerait également de l’agence, affirmant qu’elle était devenue un «théâtre de l’absurde, car au lieu de préserver l’histoire, elle la déforme».

Israël a été contrarié par des résolutions qui minimisent son lien historique avec la Terre sainte et qui ont plutôt désigné d’anciens sites juifs comme des lieux patrimoniaux palestiniens.

L’UNESCO est surtout reconnue pour son programme sur le patrimoine mondial visant à protéger des sites culturels et des traditions à travers le monde. L’agence travaille aussi à améliorer l’accès à l’éducation pour les filles des pays les plus pauvres, de même que l’accès aux programmes scientifiques pour les étudiantes. Elle fait également la promotion d’une meilleure compréhension des horreurs de l’Holocauste et défend la liberté de la presse, entre autres.

Les États-Unis s’étaient retirés de l’UNESCO dans les années 1980 parce que Washington critiquait la gestion de l’agence et estimait qu’elle était utilisée à des fins politiques. Ils l’avaient rejointe en 2003.

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